Trois ans après Les Compères, revoici le trio de choc Francis Veber / Pierre Richard / Gérard Depardieu pour un troisième et ultime film de la "trilogie". On prend les mêmes et on recommence donc, avec comme d'habitude une nouvelle histoire : cette fois-ci, ce pauvre François Pignon (Richard) braque lamentablement une banque et prend en otage ce bon vieux Lucas (Depardieu), lui-même ex-braqueur ayant pourtant décidé de se ranger des affaires pour de bon.
C'est le début d'une classique mésaventure où nos deux fugitifs recherchés par la police vont s'enfoncer au plus bas... Francis Veber continue sur sa lancée, avec toutefois quelques modifications particulièrement visibles.
En premier lieu, il fait du personnage de Lucas, la brute épaisse, le VRAI malchanceux du film, celui qui n'a rien demandé mais qui s'en prend plein la gueule (un peu comme le personnage de Campana dans La Chèvre, en plus poussé ici ceci dit). Pignon, lui, reste fidèle à lui-même, soit un personnage constamment dans la lune, malchanceux au possible mais terriblement attachant, notamment dans cet épisode où on lui découvre une fillette devenue muette depuis la mort de sa mère.
Et c'est d'ailleurs là que Veber va radicalement changer la donne : car si le film débute comme une comédie d'action rigolote, la deuxième partie va s'avérer beaucoup plus dramatique. Nos deux héros vont ainsi rencontrer quelques d'obstacles mais les rebondissements seront pauvres et la présence de la petite fille va amener le scénario dans une autre tournure, nettement moins comique et plus centrée sur l'émotion.
Une volonté bienvenue de la part du metteur en scène mais qui entraîne malgré elle une cassure dans le rythme du film, alors parsemé de plusieurs séquences délectables comme chez le vétérinaire (campé par un Jean Carmet comme à son habitude génial) ou les habituelles engueulades entre nos deux protagonistes, mais dans l'ensemble Les Fugitifs reste le moins bon de la trilogie.