Il y a peu sortait Valeur sentimentale. Un film dont je ne pensais pas tellement de bien. Et voilà que L'être aimé propose un argument similaire. Soit un père absent, qui revient pour proposer un rôle dans un film à sa fille, qui a de bons motifs pour ne pas l'aimer.
Ajoutons à cela que les deux films se réclament de Bergman, ici avec les jeux entre noir et blanc et couleur et une référence à Liv Ullman.
Mais les deux films possèdent une pesanteur qui est loin du naturel qui ressort de l'oeuvre de Bergman, sans pour autant en égaler non plus la crauté notoire.
En clair, une pâle imitation. Ou un faible hommage.
Parce que L'être aimé, c'est d'abord ça, dès la première scène : une lourdeur d'écriture.
Mais c'est un bel objet, indéniablement. Jeux sur les textures, image léchée, beaux plans de désert rocheux (on lorgnerait du côté de Pasolini, en prime?).
Oui, un bel objet.
Mais dont je me suis souvent demandé, en cours de visionnage, ce qui est mauvais signe, à quoi bon tout cela?
Des questions sur l'art, la paternité, et le pouvoir. D'accord, je vois ça.
Et?
On n'aurait pas pu faire plus court? Ou plus intense?
Parce que, l'espace d'une scène, un repas filmé qui ne se passe pas très bien, la tension monte, les enjeux éclatent.
Laissant imaginer ce que le film aurait pu être.