Un film dont le sujet me parait franchement un peu lourd et galvaudé, mais qui se démarque par sa forme. J'aime beaucoup le cadrage, la réalisation, certains plans séquences. L'introduction du début est assez fascinante, avec ce long repas entre un homme et une femme, qui n'ont pas vraiment l'air de se connaitre, avec ces plans hyper zoomé sur les visages, cela donne une ambiance assez atypique, où le restaurant lui-même ne semble quasiment pas existé. Et surtout, la manière assez cahoteuse dont se déroule la discussion, où les personnages ont du mal à avancer dans celle-ci, et où ils passent plus de temps sur le menu, qui disons-le, n'est pas très intéressant en soi à nous montrer, mais c'est cette inutilité qui fait tout son intérêt.
Le fait que le film s'amuse à changer de ratio image, de caméra, ou de passer en noir et blanc (avec une qualité d'image d'une propreté folle, qui rend l'image immaculée), est assez ludique à regarder. Et la scène du repas qui part en fou rire est assez délicieuse.
Bref, j'ai apprécié suivre ce réalisateur tyrannique et toxique, qui en dit long sur les méthodes de certains metteurs en scène. Mais j'ai aussi apprécié cette atmosphère assez impalpable, parfois gratuite certes, où la forme part un peu dans tous les sens, pour une raison que j'ignore, mais cela rend le tout assez intrigant et envoutant, avec cette relation père-fille pas franchement claire, mais dont j'apprécie les non-dits.
(Vu le 24 mai 2026 en VOSTFR au cinéma)