Love est une matérialisation de l'amour dans ses formes les plus extrêmes et les plus sombres mais dans ce film, bien qu'empruntant plusieurs chemins de l'amour, la représentation n'en est pas forcément fidèle et authentique. Il y a parfois un peu de confusion, des longueurs et un héros antipathique mais des moments toutefois magiques. L'amour est beau, souvent. Que ce soit lorsqu'on fait l'amour, dans toutes les positions, dans tous les endroits, quand le désire ne souffre d'aucune contrainte, d'aucune limite, qu'on se sent immortel, que la jouissance semble être un puits sans fond. Lorsqu'on refait le monde dans les bras de sa moitié. Lors de la première rencontre, du premier regard, du premier baiser. Toute cette beauté, Noé nous la montre de manière explicite, que ce soient les scènes de sexe ou les autres. Les scènes de sexe sur fond de musique classique sont d'une beauté telle que tout autre type de scène, notamment pornographique, ne peut qu'inspirer le dégoût. Dans cet aspect de l'amour, il n'y a rien de sulfureux, toutes ces scènes semblent naturelles, justes et c'est un des points forts du film. Ce sexe montré sur grand écran est du plus bel effet et est très agréable à contempler. Malheureusement, l'amour est parfois laid également. Il conduit à la jalousie, la violence, l'isolement, la possession, l'irrespect, l'ivresse, il fait perdre la raison. L'amour rappelle parfois une zone de guerre pour employer les propres termes de Noé et ce film le montre bien. C'est dans cet aspect que le personnage de Murphy est terriblement antipathique alors que Electra reste toujours digne et tente de gérer tant bien que mal toutes les expériences qui se présentent à eux, en restant aimante et ouverte. Alors, que retenir de ce film ? Que retenir de cet amour tellement intense mais aussi tellement destructeur ? Il faut en retenir que chacun est maître de ses décisions et que l'amour ne saurait s'affranchir du respect et de l'écoute de l'autre. Toutefois, ce film, en tant qu'œuvre d'art est une réussite. C'est élégiaque, c'est contemplatif, c'est beau, intense, vrai mais c'est également dur et triste, l'amour parfait n'existe pas. Mais l'amour véritable lui existe, et il en vaut la peine sous condition de ne pas s'y consumer.

Andika
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le 10 févr. 2019

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