Côte-d’Azur, 1928. Stanley Crawford (Colin Firth), un illusionniste connu sous le nom de scène Wei Ling Soo, arrive dans une demeure où est invitée une médium (Emma Stone, flamboyante), dans le but de démasquer son truc, et prouver que le monde des esprits n’existe pas. Mais si l’au-delà peut être remis en cause, la charme de la jeune fille, lui, est bien réel, et serait prêt à faire croire toutes les folies du monde à Crawford. Seulement, l’un comme l’autre sont engagés, et l’orgueil de Crawford l’empêche de flirter trop ouvertement.
Si l’humour est souvent trop discret et le rythme assez lent, on a ici affaire à du pur Woody Allen. C’est dire que la finesse et la délicatesse sont de la partie, et c’est non sans plaisir que l’on assiste aux passes d’armes entre le rationaliste Colin Firth et la fantaisiste Emma Stone, un des couples les plus charmants et attachants qui ait défilé devant la caméra du réalisateur.
Il est toutefois dommage qu’alors que le personnage de Firth évolue beaucoup pendant la première heure de film, une pirouette scénaristique le fasse finalement revenir exactement à son point de départ et à ses détestables pensées nietzschéennes.
Il n'en reste pas moins que Magic in the moonlight est un film léger et envoûtant, d’un charme absolu, renforcé par une superbe photographie de Darius Khondji, qui sublime comme jamais les paysages déjà époustouflants de la Côte-d’Azur. Et ça, on ne s'en lasse pas.