Quand Alain Chabat adaptait Marsupilami, c’était avec un respect du support d’origine, à savoir une bande-dessinée dotée de personnages attachants, d’un cadre forestier et de situations typiques que nous retrouvions, orchestrées sous diverses variations, album après album. Quand Philippe Lacheau et son équipe s’y collent, le résultat relève moins de la trahison – qui aurait pu avoir un intérêt, à la rigueur – que de l’inconséquence : Bibi et la jungle palombienne deviennent des prétextes à l’avalanche des sempiternels mêmes gags, orchestrés eux aussi sous diverses variations sous la ceinture, et que retranscrit servilement une mise en scène tout entière dédiée à l’efficacité immédiate. Placer un élément qui doit aussitôt servir puis disparaître, tel est le credo d’un long métrage peu original et inoffensif alors qu’il ne cesse de clamer son irrévérence quant aux sujets de société prétendument malmenés.
Nous retrouvons le crescendo burlesque qui constitue la signature des productions de la Bande à Fifi, jusqu’au grand n’importe quoi final, ainsi qu’un goût pour les hommages et références à d’autres films bien connus du grand public, américains pour la plupart, sans autre justification que leur propre suffisance : Top Gun version el gringo (hahaha), un gremlins jaune (mignon), le vol des vélos d’E.T. (douloureux), un dauphin du Grand bleu (plouf), la partition orchestrale de Jurassic Park quand vogue le navire, la pause lascive de Rose dans Titanic, la « place dans la forêt » détourné d’Indiana Jonesetc. Ce jeu des sept ressemblances finit par agacer tant il révèle un défaut d’écriture, incapable de penser le comique sur un temps long ; à la place se succèdent des saynètes interchangeables, durant lesquelles les apitoiements familiaux des acteurs parents écrasent les enjeux propres aux enfants, marsupilami compris. Dommage.