Franchement, je commence à me poser la question moi-même : pourquoi je continue de regarder les films de la bande à Fifi alors que ce n’est clairement pas mon humour. Je dois reconnaître que j’avais été plutôt indulgent avec Babysitting et, en étant généreux, avec Nicky Larson, mais ici on reste dans ce registre très particulier (bruyant, appuyé, volontairement lourd) qui ne me parle pas vraiment. Et pourtant, difficile de nier l’évidence : ça marche. Le box-office répond présent, et les rires dans la salle le rappellent sans ambiguïté.
Sur le plan narratif, c’est assez bancal. L’histoire sert surtout de prétexte à enchaîner les gags, et la sensation de dépaysement qu’on pouvait espérer avec un matériau pareil retombe vite : après un début qui laisse entrevoir un peu de jungle, les deux tiers du film se déroulent sur un paquebot. Autant dire que l’exotisme annoncé fond comme neige au soleil. Le récit avance de façon mécanique, sans grande surprise, avec des ressorts comiques qui privilégient l’efficacité immédiate à la construction.
Côté interprétation, tout le monde joue avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine mais c’est presque le contrat de base donc on n'a pas à râler sur cela. C’est assumé, outrancier, bas du front, et calibré pour provoquer la réaction instantanée plutôt que la finesse. Les références appuyées à E.T. et compagnie, ainsi que quelques caméos, arracheront sans doute des sourires à ceux qui entrent dans la proposition, même si cela reste plus clin d’œil que véritable valeur ajoutée.
Au final, difficile pour moi d’y trouver autre chose qu’un divertissement très ciblé, qui ne correspond pas à mes goûts mais qui remplit manifestement son rôle auprès de son public. Ça s’agite, ça enchaîne les blagues, ça ne se prend jamais au sérieux et si l’on adhère à cette mécanique, on peut y passer un moment correct. De mon côté, je reste à distance, un peu spectateur d’un humour qui n’est simplement pas le mien.
A découvrir pour les fans de la bande à Fifi!