Film sur le deuil et la reconstruction, par l'amour, par le voyage, Maya rate malheureusement sa cible.
Mia Hansen-Løve donne son premier rôle au décidément trop rare et sous-côté Roman Kolinka, beau, doux, qu'elle avait déjà dirigé dans son précédent film, la pépite L'Avenir.
La réalisatrice a comme toujours le don de traiter sans avoir l'air de le faire des sujets aussi durs que variés (ici, pêle-mêle : l'amour vexé, l'amour manqué d'une mère qui s'en veut, la résilience et le rebond après un traumatisme, l'envie de disparaître), avec une approche pleine de grâce et de distance, de quiétude et de beauté. Elle caresse son sujet, l'effleure, s'en rapproche avec des travellings lents et des mouvements de caméra discrets.
C'est cette pudeur permet au spectateur de se laisser porter dans ses films faits de riens, ceux qui font la beauté de son cinéma.
Mais il faut bien avouer que les riens sont légions dans ce Maya qui ressemblent un peu trop souvent à un épisode de Des Racines et des Ailes tourné à la pellicule et ennuie la plupart de son temps.
Si la réalisatrice capte à merveille l'errance, les regards curieux, les approches furtives, le tout dans des paysages magnifiques et mis en musique avec goût (du magnifique Ständchen de Franz Liszt au bouleversant Distant Sky de Nick Cave), elle oublie entre temps de raconter réellement une histoire et, en prenant la forme d'un carnet de voyage mélancolique, Maya manque de raconter la belle histoire d'amour naissant qu'il propose.