VU SUR LA PLATEFORME DE ARTE
Alex de la Iglesia a profondément marqué le cinéma espagnol et le cinéma de genre. Il s’est toujours amusé à détourner les codes, à parsemer ses œuvres de références inattendues. Mes chers voisins en est une parfaite illustration. Le film se présente avant tout comme une comédie noire, peuplée de personnages complètement déjantés.
Le pitch de départ est savoureux : Julia travaille dans une agence immobilière, mais elle n’est pas vraiment douée. Le jour, elle fait visiter des appartements ; le soir, elle partage son quotidien avec un amant râleur et peu actif. Un jour, sa routine est bouleversée lorsqu’elle découvre une somme d’argent dans un appartement insalubre. À partir de ce moment, Julia se retrouve confrontée à l’ensemble des habitants de l’immeuble.
Le film possède un charme cartoon indéniable. L’humour y est noir, très noir, rappelant par moments la comédie italienne des années 70. Mais De la Iglesia y ajoute une bonne dose de culture geek, injectant dans sa farce un mélange surprenant de références modernes et de chaos comique. On se trouve plongé dans un univers où tous les coups sont permis.
Carmen Maura est exceptionnelle. Elle s’y donne corps et âme, offrant une performance jubilatoire qui emporte tout sur son passage. Un vrai régal cinématographique.