Trois ans après tout le monde, je regarde enfin le film d'horreur dont tout le monde parle. Un truc qu'on m'avait vendu comme horrible, dérangeant, malsain. Je n'avais vu du film aucune bande-annonce, avait une vague connaissance du pitch et avait vu passé quelques centaines de meme sur le sujet, sans réussir à les comprendre. J'ai aussi visionné Hérédité du même Ari Aster, qui m'avait laissé un bon souvenir, ainsi que quelques séquences marquante qui reviennent en mémoire dès que je vois une cacahuète.
Désormais, j'ai vu Midsommar, est il est à mille lieux de ce que j'avais imaginé. Le film d'horreur horriblement dérangeant se révèle être plutôt un thriller paranoïaque, qui lorgne énormément du côté de "The Wicker Man". Un endroit isolé, une population à l'apparence paisible mais adepte de rites païens monstrueux. Difficile de ne pas faire le lien avec le film de Robin Hardy. Et ce n'est pas pour me déplaire, car l'idée de passer 2h30 à stresser et à sursauter ne m'enchantait guère. Au lieu de cela, j'ai pu me délecter de l'ambiance si particulière que Ari Aster parvient à instaurer dans son film. D'abord pas les lieux. Une prairie paradisiaque inondée de soleil peuplé de sympathique Amish suédois vêtu de blanc. Sur les murs, on s'amuse à essayer d'interpréter les étranges peintures païennes, pour tenter de deviner le dénouement du film. Avec tout cela et avec la photographie très clair, presque surexposé, le film d'Ari Aster possède un style unique. La mise en scène est inventive, empruntant tantôt des techniques de film d'horreur (effet gore, musique stridente, silhouette furtive qui apparait dans un miroir), tantôt des techniques plus "films indés" (composition minutieuse, décadrage, etc...). Le montage va également dans ce sens en multipliant des coupes aussi brutales, qu'inattendue.
Le background des personnages m'a moins intéressé. On sent qu'à travers eux, Ari Aster essaye de nous parler du deuil et du couple, histoire d'ajouter une surcouche de drama. Mais ce n'est clairement pas la partie du film que je retiens.
Bref, Midsommar est aussi bon qu'on me l'avait dit. Mais pas pour les raisons que je croyais. Je suis surpris d'avoir été aussi surpris. Et c'est bien.