Le nouveau Beauchemar de Neil Gaiman
Réécriture Gaimanesque du mythique "Labyrinth" des non moins mythiques studios Henson, cette fantaisie sous acide ravira les fans (de plus en plus nombreux) de l'auguste écrivain.
Et pour cause...
On y retrouve toutes les qualités de son écriture : inventivité (jusqu'au délire !), virtuosité (jusqu'au vertige !), humour non-sensique inclassable (jusqu'à l'agacement, parfois !)... On y retrouve aussi, hélas, ses principaux défauts : une trame de fond bien trop classique, contrastant avec l'incessante folie des péripéties menant l'héroïne du point A au point B en passant par le point Z' ; ainsi qu'une certaine difficulté à faire de tout ce joyeux fatras une unité vraiment cohérente.
Réalisé et mis en image par Dave McKean, son compère de toujours, le résultat est visuellement à couper le souffle : sombre et or, onirique, sépia ou griffonné sommairement au fusain, un véritable régal pour les pupilles, exubérant, noir, expérimental et littéralement clochemardesque.
Le tout forme un ensemble fascinant, inspiré, original, mais aussi particulièrement déroutant, convenu et froid, qui aura de ce fait du mal à trouver un public à sa mesure (trop enfantin pour les adultes, mais pas assez pour les enfants). Il n'empêche qu'il ouvre une porte inédite sur un imaginaire qui l'est au moins autant, une porte que les plus téméraires refuseront de laisser se refermer ensuite...
Avis aux amateurs de curiosité !