• No Country for Old Men jouit d'une réputation que peu de films peuvent égaler, souvent cité non seulement comme le meilleur film des frères Coen, mais comme un pilier du cinéma du XXIe siècle. J'ai abordé ce visionnement avec l'idée claire de mesurer si ce culte est justifié. Si l'on ne peut nier la maîtrise technique derrière l'œuvre, j'ai trouvé que l'expérience globale n'était pas à la hauteur des éloges unanimes. Mon verdict est donc un 7/10 : un bon film, mais surestimé.

Ce que j'ai adoré

  • ​Toutefois, il faut rendre à César ce qui lui appartient : l'impact viscéral du film réside entièrement dans le personnage d'Anton Chigurh. La performance de Javier Bardem est spectaculaire, créant non pas un simple méchant, mais un symbole de la violence gratuite et inéluctable. Son absence totale d'émotion et l'usage terrifiant de son pistolet à air comprimé confèrent au film sa véritable résonance. C'est le personnage qui sauve le film de la simple note moyenne.

Ce qui m'a Laissé sur Ma Faim

  • ​Malgré cette performance monumentale, le reste de la narration m'a paru excessivement lent et même laborieux. Les frères Coen ont choisi un rythme glacial, et si l'intention est de souligner la fatalité, le résultat est que l'intrigue a mis ma patience à rude épreuve à plusieurs reprises.
  • ​De plus, l'histoire est lancée par l'énorme erreur de jugement de Llewelyn Moss (Josh Brolin) et sa série de décisions imprudentes qui suivent. J'ai eu du mal à m'investir émotionnellement dans sa fuite, car son destin semble le résultat de sa propre stupidité plutôt que d'une fatalité tragique.

La Fin et le Message

​Bien sûr, le film se veut une méditation sur la violence moderne, conclue par les monologues désabusés du shérif Ed Tom Bell (Tommy Lee Jones). Ce commentaire philosophique est pertinent, mais il prend le pas sur l'action de manière frustrante.

​J'ai trouvé la décision de régler le sort du protagoniste hors champ comme étant la rupture la plus décevante. C'est une pirouette intellectuelle qui privilégie le message à la satisfaction narrative, laissant le spectateur en attente d'une catharsis qui n'arrive jamais.

​En conclusion

  • No Country for Old Men est une œuvre indiscutablement bien faite et techniquement brillante. Il est un jalon du genre, principalement grâce à Chigurh. Mais son rythme lourd et sa fin distante m'empêchent de le placer sur le piédestal que les critiques lui ont généralement érigé.
  • ​Il obtient un 7/10 : un film que je reconnais comme important, mais qui n'est pas mon coup de cœur personnel.

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il y a 5 jours

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DirtyVal

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