Un polar estival de fin de carrière pour Pierre Granier-Deferre, qui pose sa caméra au bord de l'Océan Atlantique, dans une charmante station balnéaire des Charentes-Maritimes.
Hélas pour l'équipe municipale et les estivants, la saison touristique semble compromise lorsque les cadavres de noyés s'amoncellent jour après jour sur la plage...
"Noyade interdite" repose sur un tandem de flics antagonistes : Philippe Noiret dirige l'enquête dans ces lieux qu'il a bien connu, avant qu'une sombre affaire n'entache sa réputation, et son subalterne Guy Marchand, qu'il ne ménage pas, rêve bientôt de pouvoir "se payer" le patron.
Les joutes caustiques de ces deux-là sont bien dialoguées et s'avèrent souvent savoureuses.
Autour de ce duo de policiers s'agite une galerie de personnages hauts en couleur et plus suspects les uns que les autres. Afin d'illustrer le principe "sea, sex and sun", Granier-Deferre a recruté une armée de nymphettes, chargées de flatter le regard du public masculin : Gabrielle Lazure, Elizabeth Bourgine, Marie Trintignant, ainsi que l'illustre italienne Stefania Sandrelli.
Le décor ainsi planté ne manque pas de cachet, d'autant que le reste de la distribution est également prestigieuse : Suzanne Flon en mamie zinzin, Andréa Ferreol en femme bafouée et colérique, ou Raoul Billerey en maire sans scrupules.
Ce qui affaiblit le film, c'est son dénouement peu vraisemblable, tant les motivations du meurtrier semblent floues, et insuffisantes pour justifier un tel massacre.
Par ailleurs, le personnage joué par Noiret apparaît parfois peu crédible, à l'image de ses réactions disproportionnées ou de son succès éhonté auprès de la gent féminine!
Qu'importe, "Noyade interdite" mérite un petit coup d'œil, au moins pour les nostalgiques d'un certain cinéma français, et pour les amateurs de polars teintés d'humour noir.