Obsession
7.2
Obsession

Film de Curry Barker (2026)

Derrière ses apparats de film d'horreur indépendant à petit budget, le film de Curry Barker cache une idée brillante et profondément viscérale. Obsession dépasse très vite le simple cadre du divertissement de genre pour dresser le portrait glaçant de l'emprise absolue au sein d'un couple. Le réalisateur pose une caméra sans concession sur les dérives d'une masculinité toxique, incarnée par un homme incapable d'accepter le refus, qui préfère forcer le désir plutôt que de grandir à travers la confrontation au réel.


​C’est dans cette incapacité à concevoir l'autre comme un être libre que le film bascule dans le fait divers psychologique. La véritable épouvante s'installe là, dans l'intimité du foyer, culminant lors d'une scène de viol conjugal particulièrement dure et éprouvante. En montrant cette agression, le film rappelle une vérité trop souvent silenciée : l'horreur n'a pas besoin de monstres sortis des ombres, elle s'épanouit dans le quotidien le plus banal d'une société encore profondément patriarcale, où un homme s'octroie le droit de traiter sa partenaire comme une simple possession matérielle.


​Cette dépossession de soi est hurlée à l'écran (littéralement) par l'héroïne, magistralement interprétée par Inde Navarrette. Son jeu habité traduit à la perfection toute la glauquerie et le malaise de ce piège conjugal. On assiste, impuissant, au calvaire d'une femme littéralement prisonnière de son propre corps, forcée d'agir contre sa volonté sous le poids d'une domination invisible mais totale.


​Le long-métrage subit malheureusement un coup de mou à cause d'une boucle scénaristique un peu répétitive qui affaiblit parfois cette tension. Le cycle de la victime qui se débat, du conjoint qui s'accommode d'une situation toxique qu'il a lui-même provoquée, puis du retour à une docilité forcée tourne un peu en rond. De la même façon, les jumpscares et les passages gore obligés par le cahier des charges de l'épouvante paraissent presque superflus. Ils auraient gagné à être coupés au montage pour laisser toute la place à la suffocation psychologique, bien plus percutante.


​Obsession reste malgré tout une œuvre nécessaire et percutante. C'est un film à voir absolument pour refuser de fermer les yeux sur ce que l'emprise a de plus destructeur, et pour se rappeler que sous le vernis des sentiments se cachent parfois les pires prisons.

Mexi
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le 26 juin 2026

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Mexi

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