Tout droit venu d'internet, Curry Barker débarque sur grand écran avec son premier long, Obsession. Dans la vague des jeunes cinéastes prometteurs du cinéma de genre, en voilà un qui est à suivre de près.
Bear est secrètement très amoureux de son amie et collègue Nikki. Il ne sait pas comment lui avouer ses sentiments, jusqu'au jour où Nikki change littéralement d'attitude à son égard après que le jeune homme a fait le vœu qu'elle l'aime plus que tout.
C'est bien connu, les histoires de voeu finissent rarement en happy end. Obsession ne déjoue pas cette règle, mieux encore, il la pousse dans ses retranchements. Le conte de fées vire au cauchemar aussi sanglant que malsain.
C'est par sa mise en scène, un jeu de clair/obscur, des effets pratiques saisissants que Curry Barker parvient à instiller le mal dans chaque plan, chaque mouvement, chaque silence et chaque mot. Aussi attendu soit l'évènement, il ne manque de heurter par sa violence crue et exacerbée.
Sous ses couverts de film manichéen, le propos est bien plus réfléchi qu'il n'en a l'air. A commencer par ce choix de faire de chaque personnage une victime et un fautif. Chacun porte le poids de sa culpabilité et subit les erreurs de ses pairs, tous en paient le prix en temps voulu, d'une quelconque façon.
Et quelle illustration de l'amour toxique, de celui qui finit par devenir source d'angoisses et de honte, autant qu'il est nécessaire.
Enfin, il a le privilège de révéler une actrice exceptionnelle. Inde Navarrette est tout bonnement impressionnante. Elle crève l'écran à chaque seconde. Je n'avais pas été impressionnée à ce point par une nouvelle tête depuis bien longtemps. Ce faciès angélique et ce sourire démoniaque sont à suivre de très près.
Obsession est un film réussi en tout point, saisissant de cruauté et de malice. Porté par un postulat simplissime que le réalisateur mène loin dans la barbarie et par une actrice qui livre une performance mémorable. Il est évident que ce film est d'ores et déjà un incontournable du genre et c'est mérité.