Obsession est un film à petit budget qui te claque des bons gros moments de frousse. Il avance doucement, presque timidement, puis serre la gorge sans prévenir (et encore, tu t’en sors bien). Le malaise s’installe à bas bruit et la gênance finit à son maximum avant le dénouement, assez violent. Mais il te balance un message bien senti, subtil ou pas, c’est selon.
Le film joue sur une terreur domestique, intime : un appartement trop silencieux, une porte qui reste ouverte une seconde de trop, un regard qui s’attarde, ta compagne dans l’ombre derrière un canap’. Rien d’extraordinaire, mais tout sonne juste. La mise en scène est sèche, et c’est glaçant. On n’a pas peur d’un monstre : on a peur d’une femme dans un décor du quotidien, qui franchit crescendo les limites de la folie.
Bear, c’est le type qui veut être aimé, un peu timide, mais très amoureux. Nikki, l’être aimé ne considère guère Bear d’un point de vue sentimental, c’est surtout son bestie. Mais le voeu de cet homme, inextinguible et prononcé sans y croire va devenir la malédiction des deux. Très rapidement, Nikki va adopter un comportement malaisant, sans que jamais la montée en puissance de la déviance mentale ne s’arrête.
Obsession ne le dit pas frontalement, mais le démontre méthodiquement : men are trash. Le consentement, c’est important. Sinon, quel que soit le moyen utilisé, c’est un viol, et un viol, ça détruit. Même si l’amour est sincère. Ca n’excuse rien.
Avec trois bouts de ficelle au sein d’un film de genre bien tourné, Obsession rappelle que rien ne justifie la prise de pouvoir des hommes sur les femmes. Il le fait si bien que ça reste imprimé sur la rétine bien longtemps. Un film en apparence innocemment scarejumper, mais en réalité bien plus que ça.
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