Voilà un film qui fait parler avec passion et qui a fini par susciter ma curiosité. Malheureusement, il s'avère assez maladroit et, de façon incompréhensible, semble déclencher un émoi pour ce qui me semblez être l'aspect le plus artificiel du film. La prestation hallucinée d'Inde Navarette, à force de répétition, jouant de mimique excessive de crise basculant dans le silence, bascule d'un effroi poli à l'ennui le plus profond. À trop répéter une idée unique, celle-ci en perd toute sa sève.
Par contre, en quatre ou cinq séquences diaboliques, Barker atteint l'essence même de ce qu'il veut raconter qu'il phagocyte en jouant d'une horreur modérée redondante, se basant sur un malaise permanent. La scène d'ouverture, en l'état, génère déjà un certain malaise tout en jouant des codes de teenage movie, le timide qui répète son discours avant de pouvoir le dire à celle qui l'aime, mais des choses ne fonctionnent pas, son air contrit énervant, son incapacité à respecter la serveuse qui vient de l'aider alors que son ami l'éconduit violemment.
Mais aussi à rebours quand le film se déroule et que l'on y repense, s'épancher devant une inconnue en dit long sur sa personnalité, le besoin d'attention, d'être pris pour cette personne sensible, plus attentif à l'amour qu'il s'imagine sans tenir compte du corps lui faisant face. La mort du chat, et, comme il le dit l'impossibilité que celui-ci ai pu s'emparer des médicaments, ce qui relève encore plus d'un tourment psychologique, d'un malaise qui ne se prononce pas, du fait que le corps qui se refuse à lui a fait preuve de compassion lors de la mort de sa grand-mère, une compassion qu'il cherche à répéter en ayant probablement tué son chat.
La seule scène de sexe est proprement glaçante, leurs corps emboités, elle paraissant sans vie, leur visage ne se regardant jamais, des gémissements ne semblant exister que dans l'imaginaire de Bear, séquence qui verra son opposé dans le final quand c'est elle qui tiendra le corps sans vie de Bear entre les bras, au bord du suicide, elle se réveille, redevient elle-même, séquence en reflet d'un Romeo et Juliette qui se dévêtirait des atours d'une romance mortifère reflétant plus une soumission à l'autre qu'un amour partagé.
La libération dans un cri continu, un traumatisme dont on ne se relève pas, les corps sans vie de ceux qui l'ont ignoré l'entourant. Une dépossession absolue, quand Ian faisant part de son malaise propose à Bear de venir à la fête, plutôt que d'aider Nikki, Sarah essayant de conquérir Bear plutôt que d'aider Nikki, une femme abandonnée, ramenée à une condition ancienne de Nikki la folle, cette incapacité à aborder les symptômes d'un malaise évident et apporter une aide indispensable à une personne en détresse, de privilégier une normalité d'apparence, celle de Bear alors qu'il a tous les traits du sociopathe.
Quand elle demande de la tuer pour la libérer, une véritable dissociation face au traumatisme, ou la parole ne peut se faire ou la socialisation ne reflète en aucun cas la réalité de ce que cache une vie de couple, l'abandon le plus absolu quand tout le monde préfère imaginer être face à un amour absolu. Mais tout ceci est contrebalancé par des effets répétitifs, par des idées piochées, de ci de là, un sourire qui s'éternise jusqu'au malaise, je crie puis m'arrête d'un seul coup, accentue les mimiques jusqu'au grotesque et tout ceci revenant à intervalle régulier avec l'application d'un artisan cherchant à trop bien faire.
La séquence où il dit à Nikki qu'il ne faut pas cuire le chat j'avais l'impression de voir Bacri demandant à Chabat de ne pas sentir le cul des gens, ou la porte entièrement scotché ou je me suis senti plus proche d'une parodie de Mel Brooks. Devoir subir ce petit groupe d'amis qui n'existe pas vraiment au delà de quelques stéréotypes, la mise en scène quasiment constituée que de cadres fixes, avec quelques légers déplacements pour faire apparaitre le corps de Nikki. Les trente premières minutes sans réel intérêt, même le réalisateur semble juste attendre que bear fasse son vœu. Il est dur de pleinement apprécier un film qui ne fonctionne qu'à travers quelques séquences et par le propos qui le sous-tend.