Obsession joue la carte épouvante au premier degré. Comme c'est plutôt bien fait et un peu tordu, ça fonctionne. En ce sens, on peut le comparer à d'autres films fantastiques récents réussis, de Smile à Longlegs ; et même à d'autres qui le sont moins, de Weapons à Bring her back. Mais globalement, on est dans le même registre : on revient aux fondamentaux du film d'épouvante ; l'humour, narquois ou ironique, n'est pas vraiment là pour désamorcer la tension ; et le registre est celui de la série B.
Si Obsession fait le taf côté angoisse, il n'est pour autant pas incroyablement effrayant. Encore que, côté pétoche, le ressenti soit visiblement très personnel, à en juger par les réactions épouvantées de certains dans la salle... On devine assez vite où l'on va, mais on est content d'y aller. Mais il faut reconnaitre que si l'on est surpris, ce n'est pas par l'intrigue générale, très balisée. On l'est davantage par l'interprétation de son héroïne. Car côté personnage, les caractères féminins sont plus marquants, d'autant que le héros est bien trop falot pour vraiment convaincre. Les effets de mises en scène contribuent aussi au rendu. Et on est souvent secoué par un bon effet sonore qui nous rappelle où on est. Dans tous les cas, le film a son petit talent pour conduire son intrigue.
Mais en dépit des qualités du film, l'intrigue progresse peu. Et les situations sont assez similaires d'une scène à l'autre, vu que le dispositif consiste à passer alternativement de Miss tout sourire à Psycho girl chez l'héroïne. Ça marche à chaque fois, et ça va crescendo, donc on passe un bon moment. Mais globalement, c'est toujours un peu pareil. Donc à l'arrivée, Obsession est un film d'épouvante sympa qui fait le job, sans non plus révolutionner le genre.