Intrigué par son pitch et par le nom de son réalisateur, qui évoque une grande figure de l'horreur moderne, c’est avec un certain enthousiasme que je me suis dirigé vers une séance d’Obsession. Bear nourrit en secret des sentiments pour Nikki, collègue et amie avec laquelle il demeure incapable d'aller outre sa relation amicale. Lorsqu’il met la main sur un étrange jouet dans une boutique ésotérique, capable d’exaucer les vœux de son propriétaire, le rêve devient réalité et bascule doucement dans le cauchemar. Le souhait fonctionne. Bear et Nikki vivent enfin leur histoire, mais très vite, l’amour laisse place à une dépendance maladive, obsessionnelle et violente.
Impossible de ne pas penser à un certain épisode de La Quatrième Dimension, tant le film repose sur cette idée simple d’un désir exaucé qui se transforme en fardeau. Le film installe une ambiance épaisse et lourde, quelque part entre le conte macabre et le malaise domestique, enveloppée d’une esthétique sombre et feutrée qui rappelle parfois Hérédité d’Ari Aster.
Le film laisse respirer ses plans. Les silhouettes se découpent dans des cadres larges, les scènes semblent suspendues, comme si le temps devient pesant. Cette lenteur, jamais totalement confortable, crée un trouble constant où l’humour côtoie un malaise de plus en plus oppressant.
Mais Obsession retombe dans certains réflexes du cinéma d’horreur contemporain, notamment ces brusques déflagrations sonores censées provoquer le sursaut. Là où le film était le plus intéressant dans sa retenue, il devient par moments plus éprouvant que véritablement angoissant. L’obsession de Nikki, pourtant prometteuse dans ce qu’elle raconte du désir et de la possession affective, glisse alors vers des débordements plus convenus, comme si le film préférait finalement la violence explicite à l’étrangeté que le sujet pouvait offrir.