Une grande attente est souvent à la hauteur de la déception. Il y a dans l'écriture et le rythme des choses qui m'ont fait sortir du film. Par le rythme, je pense autant que ça s'enchaîne trop vite qu'à l'inverse, ça ne prend pas assez son temps dans des scènes clés qui pourraient progressivement faire monter l'angoisse, on se rapproche + dans la recherche d'une peur, du sursaut par des screamers, qui ne fonctionne, hélas pas du tout sur moi, j'ai même trouvé ça bien trop prévisible (avoir visionné les autres oeuvres du cinéaste doit y participer), le silence et le temps est crucial dans les films d'horreurs et malheureusement souvent grandement sous-exploité ou sous-estimé/utilisé.
Dès le début avec Bear et la scène du vœu, j'ai compris que ça allait être compliqué avec la gestion du temps, c'est soudain et incohérent, sachant que la situation avec Nikki paraissait ambigüe, la scène aurait mieux fonctionné avec un rejet clair et Bear qui ne l'aurait pas supportait sur l'instant, le cinéaste a dit en entretien qu'il avait plusieurs scènes différentes, une des scènes aurait pu être un rejet clair, je pense qu'il a fait un mauvais choix et ça crée cette étrangeté scénaristique. Le fait que le vœu s'exerce de manière subite et que Bear s'en rende compte directement n'a fait qu'appuyer ma pensée sur cette gestion du temps et m'a rapidement fait sortir du film. (Et en même temps, Bear a mis beaucoup de temps à penser à une chose qui me paraissait évidente dès le début, qui ne se passe qu'à la fin).
Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, c'est un bon film, avec son budget, il devance de loin et n'a rien a envié à d'autres films à énorme budget, et c'est le cas aussi pour les autres oeuvres du cinéaste. On peut aussi en tirer une analyse politique intéressante sur les relations aux autres, l'obsession, les violences masculines, même si là encore, le personnage de Bear est bizarre, il semble beaucoup se soucier du consentement, au début en tout cas, puis en fait non.