Obsession
7.2
Obsession

Film de Curry Barker (2026)

Obsession, de Curry Barker, est l'une des belles surprises horrifiques de cet été. Le réalisateur démontre qu'avec peu de moyens, il est encore possible de faire beaucoup de cinéma.


L'histoire est simple et limpide. On suit le parcours de Baer, un jeune homme interprété par un excellent Michael Johnston, parfait dans le rôle du garçon timide, maladroit, puis progressivement agaçant. Amoureux de sa collègue Nikki, incarnée par l'exceptionnelle Inde Navarrette, il préfère tergiverser plutôt que de se jeter à l'eau. Pire encore, un soir, il acquiert dans une étrange boutique un objet mystérieux capable d'exaucer n'importe lequel de ses vœux.


Cet élément fantastique s'intègre parfaitement au récit. Une fois accepté, il accélère la dynamique des personnages et fait basculer l'intrigue. Bien entendu, Baer formule le souhait que Nikki l'aime plus que tout, et rien ne va se dérouler comme prévu.


En 2026, il est difficile de voir ce film sans penser aux questions d'emprise chimique, au procès Pelicot, mais aussi, plus largement, aux nombreuses affaires dans lesquelles des femmes sont droguées à leur insu après qu'une substance a été versée dans leur verre.


La mise en scène se révèle particulièrement efficace à cet égard. La manière de filmer Nikki sous emprise, souvent dans l'obscurité, presque effacée tout en demeurant présente, est remarquable. Le film montre également que Baer a eu toutes les occasions d'agir autrement avant de céder à cette solution de facilité. Plus encore, il observe la façon dont il affronte les conséquences de ses actes sans jamais réellement les assumer.


La réalisation évite les facilités habituelles du genre, notamment les jump scares, et préfère s'attarder sur la psychologie des personnages ainsi que sur le hors-champ.


Les personnages secondaires apportent eux aussi des nuances aux thèmes du film, qu'il s'agisse de la collègue secrètement attirée par Baer ou de son meilleur ami, plus décontracté, qui peine à comprendre ce qui se déroule sous ses yeux.


Obsession s'impose ainsi comme un spectacle captivant, porté par une mise en scène inspirée et une histoire à la morale implacable.

Andika
7
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le 26 juin 2026

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