C'est rare, mais je suis parti avant la fin. Pas parce que le film est mauvais, mais parce qu'il est trop "malaisant". Sans même entrer dans les détails d'une affaire particulière, voir une fiction centrée sur l'emprise, l'obsession, le sentiment de possession d'une femme et l'exploitation d'une situation de vulnérabilité peut résonner beaucoup plus fortement lorsqu'il y a, au même moment, des discussions publiques autour d'accusations ou de témoignages concernant des comportements prédateurs réels.
Dans l'abstrait, on peut analyser le film comme une métaphore ou un conte horrifique. Mais quand l'actualité rappelle que ce type de dynamique existe dans la réalité, la distance de sécurité que procure normalement la fiction disparaît en partie.
On a tendance à considérer qu'un film « réussi » est un film qu'on regarde jusqu'au bout, alors qu'il existe des œuvres dont l'objectif est de rendre une situation moralement et émotionnellement insoutenable. Cela ne veut pas dire que tout spectateur doit rester jusqu'au générique. Au contraire, quitter la salle fait partie des réponses que ce type de film peut provoquer. Et ce fut mon cas... On est clairement dans un cinéma façonné par l'après MeToo. Un film des années 1980 ou 1990 aurait pu raconter la même prémisse comme une comédie romantique noire ou une fantaisie où le spectateur est invité à s'identifier au garçon qui obtient enfin la fille. Obsession semble faire exactement l'inverse : dès que le souhait est formulé, le film commence à examiner pourquoi ce désir est lui-même problématique. Et on comprend alors assez vite que le monstrueux n'est pas forcément chez Nikki... Un vrai film d'horreur, mais trop proche de la réalité pour être facilement supportable.