Obsession
7.2
Obsession

Film de Curry Barker (2026)

Je n’ai pas vraiment compris tout le délire autour de ce film. Toute l’épopée médiatico-culturelle qui en a fait un soi-disant must-to-see du cinéma d’horreur et d’épouvante de ces dernières années m’a un peu échappé. Vu l’intérêt des spectateurs, des critiques, la moyenne du site et les avis de mes éclaireurs, il semblait pourtant évident qu’il ne fallait pas passer à côté du métrage. Bon. Je l’ai vu. Et je reste assez partagé.


Ce qui dénote d’abord, c’est le caractère comique du film, que je n’attendais pas forcément. Un humour sordide, presque gênant, qui vient parfois casser les scènes horrifiques, ou au contraire suspendre une scène calme avant de la faire basculer dans la stupeur, avec un cri de “la chose”. Cette chose, justement, n’est jamais nommée, jamais montrée, jamais expliquée, ni rationnellement, ni irrationnellement, ni même un minimum. Et je dois avouer que cela a un peu gâché mon expérience.


Je peux comprendre l’intérêt de maintenir un flou autour d’elle. Le film n’a pas forcément vocation à tout expliquer, et il ne s’agit pas non plus d’une œuvre didactique qui devrait poser clairement ses règles ou son fonctionnement. On peut même considérer que “la chose” n’est pas le cœur le plus important du film, ni forcément ce qu’il y avait de plus intéressant à travailler. Mais malgré ça, j’aurais aimé que le métrage exploite davantage cette idée, surtout que le fait qu’elle s’empare de Nikki aussi brusquement reste assez frustrant. Le combat qu’elle mène contre “la chose” n’est réellement développé que deux fois, dont une seule scène vraiment intéressante : celle qui travaille le personnage de Charli Kirk et cette question assez terrible qu’il se pose en creux, “est-ce si horrible d’être avec moi ?”. Il y avait là quelque chose à creuser, notamment autour de son côté manipulateur, profiteur, peut-être toxique, que le film évoque sans jamais vraiment l’assumer. Cette piste est même un peu neutralisée par la fin, qui transforme son geste en suicide presque héroïque pour permettre à Nikki de survivre, tout en suggérant aussi qu’il n’arrive plus à supporter la situation et qu’il n’existe plus d’autre recours.


Ce qui m’a le plus marqué, en revanche, c’est clairement le travail sonore. Les bruits de soundboard, les sons qui viennent remplir le film, les douches, les pas, les portes, les vibrations, tous ces éléments classiques de l’angoisse sont vraiment bien exploités ici. Le film a une manière assez efficace de faire exister la peur par le son, parfois plus que par l’image, et c’est probablement là qu’il m’a le plus eu. Mon plus gros jump-scare (anglicisme tjrs d'actualité) vient d’ailleurs de la scène où Charli Kirk se retrouve dans le lit avec Nikki vers la fin du film, avec la notification de Sarah, après la soirée, qui lui demande de la rejoindre au parc. Je n’ai jamais entendu un tel grésillement sonore, ni un tel travail sur une simple vibration de téléphone. Cette notification m’a explosé les tympans et m’a vraiment laissé dans un état de stupeur.


L’ambiance générale reste aussi assez grotesque et perturbante, surtout parce que tous les personnages semblent en décalage les uns avec les autres. Ils ne sont jamais vraiment sur la même longueur d’onde, que ce soit dans leur comportement, leurs habits, leur flow ou leurs réactions. Chacun semble évoluer dans son propre rythme, avec une distance étrange par rapport aux autres et aux situations. C’est assez déstabilisant aux premiers abords en tant que spectateur, même si l’on comprend peu à peu que cette bizarrerie participe pleinement à l’angoisse du film. L’environnement du métrage accentue encore cette impression. Tout se déroule dans trois ou quatre lieux, presque toujours les mêmes, et on ne sait jamais vraiment où l’on est, dans quel État, à quel moment de l’année, on ne sait même pas si on est aux STATES (peut-être c'est le Canda on sait pas lol) si ce n’est probablement l’été puisque Sarah attend une réponse d’acceptation de la fac. Le brouillage des repères géographiques, temporels et relationnels fonctionne plutôt bien pour installer une inquiétude diffuse.


Mais malgré ces qualités, le film ne m’a pas suscité grand-chose, ni à chaud, ni à froid. Je vois ce qu’il tente de faire, je comprends l’angoisse qu’il cherche à intégrer dans sa mise en scène, dans ses silences et dans ses ruptures de ton, mais je ne sais pas vraiment quoi en retenir. Je ne pense pas que ce soit un film à emporter dans son bagage. Un objet curieux, parfois efficace, parfois frustrant, mais pas la révélation horrifique que l’on m’avait vendue, pas la folie de la folie.

dassler
6
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le 13 juin 2026

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dassler

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