« Je voudrais que Nikki m’aime plus que quiconque au monde. » Voilà le vœu que formule Bear en brisant la branche de saule achetée dans une échoppe d’ésotérisme. Un souhait qu’il pourrait vite regretter.
Le phénomène internet s’invite sur le grand écran et décroche l’adhésion du public comme des critiques. Pour une poignée de dollars, ce modeste objet d’épouvante a dynamité le box-office. Curry Baker capture l’obscurité avec un talent certain : dans la pénombre, les yeux de l’innocente Nikki ne sont plus que deux points blancs, minuscules et terrifiants. Et il suffit à Inde Navarette – croisement entre Neve Campbell, Emma Roberts et Anya Taylor-Joy – d’un rire trop appuyé, d’un sourire crispé ou d’un cri dans la nuit pour passer de petite amie idéale à dangereuse psychopathe. Face à cette sorcière bien-aimée, son compagnon d’infortune, Michael Johnston, peine davantage à convaincre. Plus introverti que l’incel qu’il aurait pu devenir, il se réfugie dans une passivité lassante.
En s’appuyant sur les codes du genre, le film exploite les travers du couple : emprise, non-consentement, fusion maladive, et jalousie menant à l’enfer. Il tire les fils sans craindre l’excès, préférant au soupçon de romance façon Roméo et Juliette le toxique d’une relation très contemporaine où la peur est contrainte de changer de camp.
(6.5/10)
@cinefilik.bsky.social
cinefilik.wordpress.com