Il y a toujours des films, qu'importe leur genre, qui attirent les foules et créent chez eux un amour profond sans pour autant que la qualité matche les réactions du public. Obsession fait partie de ces cas de figure. Loin d'être médiocre et imbuvable, c'est un film d'horreur assez banal, presque ennuyeux de banalité, qui n'offre rien de grandiose ou de surprenant. Au vu des réactions que j'entendais autour de moi ou sur les réseaux sociaux, je m'attendais à un film qui casse un peu les codes, qui propose quelque chose de nouveau, d'original, je m'attendais à un ovni. C'est l'exact contraire!
En dehors d'une mise en scène vue et revue, et d'une absence d'idées novatrices, le sujet du film est pertinent compte tenu du contexte socio-politique dans lequel nous vivons. Les nouvelles générations sont reportées plus misogynes que les précédentes, il semble que plus la femme gagne en droit, en liberté et s'émancipe, plus elle est sujette à de la violence, du mépris et de la haine de la part d'hommes revanchards qui pensent ne pas assez dominer le monde pour laisser les femmes tranquilles. Alors, un film d'horreur, qui prend pour sujet la volonté égoïste d'un homme qui veut l'amour d'une femme à tout prix, ce n'est pas seulement pertinent, c'est carrément d'actualité! Dommage que ça ne soit qu'un message de surface...
En raison de son manque de créativité et de propositions, un film qui aurait pu, à l'instar d'un Get out, parler d'un sujet social puissant et d'actualité par le prisme du genre de l'horreur, nous nous retrouvons face à un banal film d'horreur qui n'a pas l'air plus intéressé que cela par son propre sujet et qui se contente d'une petite boucherie déjà vue mille fois.
Oui les codes du genre sont maîtrisés, oui la mise en scène aussi, oui on est parfois surpris, oui au vu du résultat et de la qualité visuelle par rapport au faible budget ce n'est pas si mal. Mais une maîtrise de la mise en scène ne doit pas être juste acquise puis appliquée, elle doit amener à de la réflexion, doit pousser à la créativité, à la novation, s'éloigner de la redite, casser les codes, servir un propos. En ce qui concerne les codes du genre, on doit les absorber pour proposer autre chose, pas se contenter de les resservir.
La contrainte est source de créativité, heureusement que Spielberg a rencontré des problèmes techniques avec son requin, sinon Les dents de la mer aurait été bien moins bon et bien moins efficace. Et pourtant, ici la contrainte du budget ne paraît pas avoir eu d'effet... Le genre aurait mérité une oeuvre maîtrisée et novatrice, le sujet un meilleur traitement.
Pour toutes ces raisons, mon 6 n'est pas une note, c'est un pari. Je vois le potentiel, je vois la maîtrise de la mise en scène et des codes et j'attends plus de la suite. Ce 6 espère que ce n'est cette fois qu'inexpérience et immaturité. Un peu moins de naïveté, un peu plus de propositions, un peu plus de prises de risque, adieu les redites! You're a barker so bark!