Avant de parler de quoi que ce soit : Inde Navarrette est la stupéfaction absolue du film. Voilà, maintenant que vous savez que cette actrice novice est la révélation de Obsession (sinon, on peut vous le redire), on peut aborder tous les "à-côté" particuliers de ce film. Car oui, la première semaine d'exploitation de Obsession, modeste film d'un petit vidéaste connu du public ado a été très calme, avant le raz-de-marée de la deuxième semaine (il suffit d'une "trend Tik Tok" et vous vous retrouvez à faire le X devant les caisses à tickets de votre cinéma : "C'est complet, barrez-vous !!! Hep, toi t'as pas 16 ans, reviens !!!"... On exagère à peine). Heureusement, tous ces exercices d'étirements pour empêcher le "Timéo classico" (12 ans, "J'ai vu Conjuring à la maison") d'accéder à la salle, ne nous ont pas empêché de voir le film (s'asseoir, enfin, s'asseoir...). Alors, Obsession est-il la méga-claque de l'année ? C'est une petite secousse à laquelle on ne s'attendait pas, le film ose aborder le consentement sexuel et psychologique sans aucun ménagement. Et c'est tant mieux (si cela peut mettre du plomb dans les caboches, on veut bien plus de "trend Tik Tok" comme ça). Une femme qui
s'urine dessus, qui fait bouffer son chat à son maître, qui se laisse besogner nuit après nuit sans avoir dit un vrai "oui" honnête et sans aucun libre-arbitre (c'est un viol, disons-le)
: oui, on en bave dans ce film. Il aurait même pu faire en sorte que le fantastique soit moins présent, pour que le message fonctionne plus, car à notre sens cela retire un peu le message réaliste du film de notre propre quotidien (virez-nous cette histoire ridicule de bonbon cracker et de vœu de
gars richissime
final, cela affadit tout !). Mais comment passer à côté de l'interprétation bluffante de l'acteur pour ce personnage (qui veut absolument croire à cet idylle, jusqu'à devenir un monstre) et de l'actrice pour cette victime (qui est ni plus ni moins qu'un sextoy défectueux dans cette terrible histoire), un combo "choc" pour une séance assez éprouvante, que l'on soit novice ou connaisseur. Personnellement, les scènes de
défécation sur soi et celle de la supplique nocturne (quand elle lui demande de la buter pour que ça s'arrête)
restent nos deux moments glaçants du film. On pensait que Obsession était la dernière sensation des jeunes sur les réseaux (à la "Smile 2"), on a été surpris par son audace de montrer des scènes matures (sauf le jumpscare "volant de voiture", assez en-dessous du reste), et d'aborder l'emprise mentale et le consentement sans prendre de gants (on adore voir les sorties de salles où les jeunes adultes prennent conscience de beaucoup de choses dans leurs relations intimes). Obsession est audacieux, d'autant plus avec son budget de baguette de pain, son casting d'inconnus (parfaits) et son thème du consentement sexuel qu'on aura rarement vu aussi bien décrit. Mention quand même aux cris de l'actrice principale qui hurle en suraigu, on a perdu nos tympans plusieurs fois. Pour un public moderne et ado, Obsession est d'utilité publique, et Mesdames, si votre copain compatit pour le mec du film, ou lui trouve des excuses ("Oh allez, il l'aimait, ça lui a tourné la tête..."), posez-vous LA question. C'est exactement ce que veut provoquer le film.