_ Curry Barker a une relation avec son beau-film qui est un pleutre, eum, cinéma et c'est CRIMINEL, c'est horrib...
_ Ça va, ça va
_ ...donc y'a pas de talent donc pourquoi cherche-t-il à fasciner ?
_ Bah vous allez voir..
_ C'est ça la question... monsieur Finkielkraut ?
_ J'vais répondre... Tout de suite là ? Ça a commencé ?!
_ Bah oui ça a commencé.
_ L'abrutissement a commencé ?
_ Bah on est alerté depuis 5 ans.
_ Mais... ah bah euh excusez-moi je ne savais pas que l'abrutissement avait commencé.
_ Aucun problème monsieur Finkielkraut, on ne peut pas être au four et au moulin quand on est membre de l'Académie française, et surtout quand on doit assister à des émissions de Pascal Praud ou Frédéric Taddeï.
Mais ne vous embêtez, je vais vous dire ce que j'en pense. Car oui, une fois encore le conformisme s'est introduit sur Cinema 10. Une fois encore, la cérémonie doit avoir lieu. Une fois encore, l'originalité doit être abolie et l'uniformité restaurée. Malheur, malheur, malheur sur eux, malheur sur nous, malheur, malheur,... Uniformité ! Uniformité ! La cérémonie est commencée. Dans quelques années, ces malheureux individus vont perdre leur esprit critique. Ils seront comblés ! Les studios les combleront ! Tout sera uniformisé !
(Pour ceux qui auront la référence de ce discours, je vous envoie un million de fleurs par la poste, et mille autres encore... et je vous embrasse tel un vieil ami que l'on croise inopinément dans cette rue qui fut un temps le cœur de nos enfantillages les plus fous. Pour les autres, il serait temps de jouir du paroxysme de l'animation française.)
Autrement dit, Finkiel, l'abrutissement a débuté quand les studios se sont rendu compte que plus on prenait les spectateurs pour des cons, plus ils s'accordaient au mécanisme. Les plates-formes de vidéos s'emparent de cette faille depuis des années et, croyez-le ou non, ça marche ! Jamais aura-t-on vu un film aussi pauvre cinématographiquement récolter autant d'appréciations positives, de moyennes aussi élevées, de notes aussi proches du Saint Graal, même par ceux que vous considérez comme vos maîtres de lettres ! Mais que peut-on y faire ?
Voilà que préside au box-office un film comme Obsession, dont le scénario moisi impose un exercice filmique catastrophique gâché par tous ces plans sans âme et ces scènes sans rythme, dont la performance pitoyable des acteurs nous fait douter de la présence d'écoles de théâtre aux États-Unis (le niveau est d'une telle bassesse qu'il m'a rappelé Marche ou crève, Insaisissable 2, Marty Supreme, Primate ou encore Thunderbolt, en gros ce qu'on fait de mieux dans l'acting sur-expressif et tout sauf naturel), dont la bande-son tellement irritante dans sa manière de nous imposer les émotions que l'on doit ressentir durant une scène me donne des urticaires et dont le message global se veut tellement subversif qu'on ne sait pas si c'est l'obsession relationnelle qui est dépeinte ou la singularité des sentiments intrinsèque au couple qui est questionnée.
Qu'en pensez-vous, monsieur Finkielkraut ?
_ Eh bien ce discours... Taisez-vous ! TAISEZ-VOUS !!!
_ Je m'étonne de tant d'agressivité, j'ai énuméré des faits clairs et justes pourtant ?
_ Connard.