Il a toutes les qualités et tous les défauts d'un premier film. Qu'est ce que ça veut dire ? Et bien il est aussi honnête que possible, profitant du système Blumhouse pour que Barker s'amuse autant qu'il peut mais il a également toutes les imprécisions de réal et d'écritures d'un premier long métrage. Cela fait quelques temps que l'horreur se tourne autour de celles subies par les femmes, à l'image de Paranoïa, Gerald's Game, Invisible Man et il est à présent temps de se tourner vers une autre forme de violence, celle de l'emprise, la manipulation, l'obsession.


Car oui, le titre ne se réfère pas à l'obsession de Nikki envers Bear, mais bien celle de Bear envers Nikki, ce qui semble avoir échappé à certains spectateurs. Toutefois, le public non averti n'est pas forcément à blâmer car comme je le disais plus haut, certains dialogues et certaines mises en scène viennent, à mon sens, annuler malencontreusement ce que Barker souhaite raconter. Malencontreusement car cela ne fait aucun doute que le jeune réalisateur souhaite appuyer le comportement toxique de Bear, mais dans un second temps il tente tellement de le nuancer qu'il perd un peu pied et se les prend dans le tapis dès lors qu'on mentionne la protagoniste, Nikki. Car on ne la présente pas en tant que telle, pas en tant que collègue, pas uniquement en tant que love interest, mais en tant que "Freaky Nikki" sans jamais venir expliquer l'origine de ce malheureux surnom. Là où Aster maîtrisait parfaitement son sujet dans Midsommar avec le personnage exécrable de Christian où il n'y a aucun doute possible sur son Gaslighting car il sait parfaitement ce qu'il fait, ici, Bear est tantôt dans le déni, tantôt victime, si bien qu'on en oublierait presque qu'il est très lucide dans ses prises de décisions, d'ailleurs je pense que le réalisateur/scénariste s'en rend compte puisqu'il, je pense, se sent obligé de rajouter des scènes pour rappeler que Bear est le véritable antagoniste du film, je suis prêt à parier qu'il y a eu des reshoots pour ajouter certaines scènes afin de rendre le message moins confus, notamment lorsqu'il refuse la demande de la vraie Nikki.


Je reprocherais également certaines scènes imposées par la production pour le clip Tiktok afin de le rendre viral.


Mais ce sont là des petits points qui sont à mes yeux deux petits grains de sables qui n'empêchent absolument pas les rouages de tourner, car oui, ce film est bon, même très bon. Je craignais au début un épisode trop long de La Quatrième Dimension comme ça peut être le cas de The Monkey, The Substance ou bien Old, celui-ci fourmille d'idées pour ne jamais tomber à plat. On aura des révélations sur des mensonges de Nikki, puis on se rend compte petit à petit que Bear n'est pas non plus tout sain dans sa tête, de l'autre côté y a certaines relations qui évoluent et en même temps il y a la lente chute psychologique des deux protagonistes, sans oublier que "Freaky Nikki" devient rapidement imprévisible et c'est ça pour moi les qualités à la fois d'un premier film mais d'un film de l'écurie Blumhouse. C'est à dire qu'il lâche les chiens lorsqu'il le faut, il est assez malin pour aller piocher des idées dans divers films sans que ce soit putassier, lorsqu'on pense que le délire ne peut pas aller plus loin il y va et il n'a de la pitié pour aucun des personnages pas même le chat.


On appréciera également tout le jeu réalisé avec l'arrière plan, cela peut paraître tout bête, c'est pas grand chose, mais ça fait parti des petits détails, des artifices, qui à la fois vont venir instaurer une ambiance, saisir un personnage mais également conserver l'attention du spectateur, tout en témoignant une réalisation totalement décomplexée.


Le tout est distribué par un duo de protagonistes avec peu d'expériences mais beaucoup de talent, si bien que même les scènes "Tiktok" dont je parlais plus haut arrivent à être tenues par les interprètes. Barker venant tout droit de youtube où il postait des sketchs ne manque pas d'insuffler quelques scènes de comédies, mais attention pas des barres de francs rires, plutôt des rires crispés à cause de la tension de la scène.


D'un état simple qu'on finit tous par connaître à un moment ou à un autre, à savoir l'amour, Barker y insufflera de l'angoisse, de la crainte, du dégoût, mais également un fait : la frontière est très fine entre la romance, l'amour et l'obsession.


Greengoblin
8
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Créée

le 13 juil. 2026

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