Peking Opera School: sorte d'orphelinat où les enfants apprennent l'opéra chinois dans des conditions drastiques. Ceux-ci ne vivent que de punitions et d'entraînements du matin au soir, parcoure de souffrance et de discipline permettant d'atteindre le statut "divin" d'acteur. Une jeunesse marginale en somme, sacrifiée ? sur l'autel de la tradition.
Car où est désormais la gloire justificatrice ? Dans les années 60, la Chine est en pleine révolution culturelle et son art traditionnel commence à disparaître face à l'américanisation du pays.
Ces enfants suivent alors une vie dédiée et difficile pour un art qui se perd,
Il faut 3 ans pour former un écolier et 10 un acteur
et cest bien le dilemne du Maître. Loin l'idée d'excuser ses méthodes draconiennes, le film retrace l'ambivalence de Master Yu: bourreau peut-être, mais avant tout victime. N'a-t-il pas suivi la même éducation, ne dévoue-t-il pas son existence à cet art, n'est-il pas lui-même perdu dans cette Chine à deux vitesses ?
Sammo Hung y trouve son meilleur rôle dramatique (bon en a-t-il eu beaucoup..) dans la peau du sévère Sifu, qui était... véritablement son Maître ! En effet Sammo "Fatty" Hung était le Grand Frère de cette troupe, et des non moins connus Yuen Biao (Biao) et Jackie Chan (Big Nose). La chose intéressante est que le film mélange biographie et fiction en prenant des anecdotes du trio (l'histoire du bus) tout en déviant certains faits (la fin) pour un plus grand impact, et en faisant en sorte que l'histoire ne soit pas explicitement celle du trio (Chan est uniquement appellé Big Nose durant le film). Le film s'attarde aussi sur le destin d'un ancien camarade du Maître, devenu simple cascadeur (Lam Ching Ying), et d'une troupe d'actrices d'opéra également dépassée par cette Chine moderne, ce qui confère beaucoup de consistance à l'histoire. Le tout est enrobé d'une magnifique photographie et délivre des scènes très fortes (le jour de "congé" des élèves, la 2ème prise de l'Oncle).
Donc un INCONTOURNABLE du cinéma HK !
C'est incroyable de voir où ces enfants ont pu aboutir plus tard. Qu'ils soient aussi fun après tout ce qu'ils ont vécu (d'autant plus que selon Jackie Chan, le film rend Maître Yu sympathique et atténue la rudesse de l'entraînement qu'ils ont reçu), je vous aimeuh ♥