Perfect Blue est une chef d’œuvre. Le premier long métrage de Satoshi Kon, alors âgé de 34 ans, est un coup de maître. Le jeune homme est pressé. Bien lui en a pris, puisqu’un cancer l’emportera en 2010 après son quatrième film. Il ne dispose que d’un budget dérisoire – 1 million d’euros – la qualité de l’animation s’en ressent, mais Perfect Blue prouve que l’argent ne fait pas tout. Un dessin animé, qu'est-ce ? Sinon un scénario mis en image à l'aide de quelques milliers de dessins colorés.
Mima est une petite star, chanteuse vedette d’un girls band, qui annonce qu’elle quitte la chanson pour se lancer dans cinéma. La jolie poupée standardisée et sirupeuse doit, pour s’affirmer, surmonter les réticences de ses agents, la déception de ses partenaires, la colère de ses fans. Les débuts sont difficiles, le rôle qu’on lui propose est inepte. Jusqu’où est-elle prête à aller pour réussir ?
Depuis des décennies, les producteurs occidentaux ont réduit le dessin animé à un divertissements pour préadolescents, avec ses rites et ses codes, ses princesses et ses oursons, ses gentils robots et ses sorcières, ses sorties pour Noël et les vacances scolaires. Or, le dessin animé peut bien plus. Le Tombeau des lucioles est le plus grand film sur la guerre. Porco Rosso, la plus belle histoire de stress post traumatique et Innocence la réflexion la plus pertinente sur la robotique. Perfect blue est un excellent thriller sombre, violent et haletant.
Mima est menacée, épiée, moquée. Mima prend peur. Mima panique. Un scénario diabolique mêle réalité et fiction, rêves et hallucinations, manipulations et mensonges. Mima perd la tête, la vérité se dérobe, s’effiloche, s’estompe. Mima bascule dans la folie et nous avec. Les assassinats se multiplient dans le téléfilm où son rôle a gagné en importance, la petite chanteuse s’est muée en femme fatale, elle tue. On tue autour d’elle, son photographe, son agent… Tuée ou être tuée… Pour réussir, jusqu’où êtes-vous prêt à aller ?