La porte s'ouvre, Dan entre, s'avance et dépose son paquet de feuilles en les claquant sur le bureau de Walt.
D : "Ça y est. Je crois que je le tiens le renouveau de la saga. Faisons un film de potes avec un rasta, une blonde et un chiot."
W : "On t'avait déjà suivi avec ton projet d'indiens affrontant un rasta invisible. Force était de constater qu'on ne s'était pas trompés. Ton film avait trouvé son public et la critique était au rendez-vous. Le rasta change de style donc ?"
D : "Totalement, je veux qu'on découvre son univers, sa planète, sa famille et leurs rites. Il sera le centre de gravité du film."
W : "Ballsy... Tant que la blonde le découpe à la fin. C'est toujours un humain qui s'en charge habituellement. OK pour toucher un nouvel audimat mais faut satisfaire les puristes."
D : "Justement. Cette fois ci, pas d'humain dans l'histoire. La blonde est une boîte de conserve ouverte à la machette. Les puristes, faut s'en méfier. Regarde la saga Alien. Quand tu t'éloignes du matériel original, ils crient au scandale et quand tu choisis un retour aux sources, ils te disent que c'est du réchauffé."
W : "Touché. Subtile ta référence à Aliens avec ta boîte de conserve coupée en 2. J'aime bien les clins d'œil distillés avec parcimonie."
D : "Ce sera pas le seul en plus. J'ai prévu un combat entre le rasta et un mécha à un moment donné, ça va envoyer. Ah et tant qu'on y est, autant jeter le pavé dans la mare, je veux mettre au centre du récit la société Weyland-Yutani. Il faut un antagoniste pour tenir tête au rasta. Ce qui est cool, c'est qu'on va pouvoir lui faire déglinguer de l'androïde à gogo."
W : "Ah oui, c'est plus tellement avec parcimonie là tes clins d'œil, c'est à coups de truelle. Mais bon, tu sais, étant un fan de la première heure de la saga Alien, ce que tu racontes, c'est de la musique à mes oreilles."
D : "D'ailleurs, pourrais tu me filer le numéro de Cameron s'il te plait ? Je vais avoir besoin de lui pour créer une nouvelle langue. J'aimerais faire parler mon rasta pour que le public puisse s'identifier à lui."
W : "Intéressant. On a déjà inventé la langue na'vi, ça ne devrait pas poser de problème. Donc, pas mal de références et du renouveau, ça sent bon ton affaire !"
D : "Le renouveau, c'est vraiment mon fer de lance. On va découvrir la planète désertique des rastas et leurs rituels. Après un affrontement avec sa famille, je veux lancer le rasta dans une quête initiatique sur une planète hyper hostile. On va parsemer le tout avec des décors à couper le souffle (je pensais à la Nouvelle Zélande pour tourner) et plein de monstres en tout genre qu'affrontera le rasta. Predator versus sa famille, Predator versus une planète dangereuse, Predator vs Weyland-Yutani, le rasta ne sera jamais tranquille, à un moment chasseur, il pourra vite devenir chassé. Le public va avoir sa dose de scènes d'action, je te le garantis."
W : "J'en bave d'avance. Surtout que tu sais te servir d'une caméra comme tout le monde a pu le constater dans Prey. Ca va être sacrément rythmé, c'est ce qu'on attend avec ce genre de divertissements."
D : "Pour accompagner l'ensemble, il faut qu'on marque les esprits avec une musique épique type tribal avec des voix distortionnées. Un peu à la Dune tu vois."
W : "Pow pow pow, ca va nous mettre dans la course aux oscars ! Rappelle toi, Hans Zimmer l'avait emporté avec ce genre de musiques."
D : "Comme le rasta sera en pleine initiation, je l'imaginais bien essayer d'utiliser cet environnement hostile qu'il va découvrir au fur et à mesure à son avantage. Un peu comme Schwarzi l'avait fait dans la jungle avant lui dans Predator."
W: "Comme je te disais, les références, ça ne gêne pas personnellement, surtout si ton film a sa propre identité à la fin. Le parcours initiatique de ton Predator, c'est quoi exactement ?"
D: "Il veut faire honneur à sa famille pour obtenir sa cape d'invisibilité. Mais bon, en cours de route, il va comprendre qu'un Predator peut ne pas chasser seul et qu'il faut s'entourer des bons compagnons pour être plus fort."
W : "Attention à ne pas balancer dans le visage du spectateur des leçons de morales à 2 balles."
... Silence.
W: "Bon, tu m'as convaincu, où est ce que je signe ?"