En dépit de sa disparité, j'affectionne tout particulièrement cette franchise et bien évidemment ce "monstre" au look unique. Les deux premiers opus ont bercé mon enfance/adolescence.

C'est donc avec un éminent intérêt que j'ai accueilli ce nouveau projet. D'autant plus que l'actuel réalisateur a su remettre cette saga sur de bons rails, avec Prey dans un premier temps, puis avec le film d'animation Predator: Killer of Killers, sorti l'été dernier. Avec ce diptyque perfectible mais plaisant à suivre, Dan Trachtenberg est parvenu à être respectueux de l'univers tout y incorporant des petites nouveautés que les fans attendaient depuis des lustres: abandonner notre présent et parcourir un passé historique bien marqué, puis surtout approfondir l'univers autour de ces êtres fascinants que sont les Yautjas.


Avec Predator: Badlands, il s'attaque désormais au futur, mieux que ça: le personnage principal du film est ce fameux extra-terrestre aux dreadlocks. Puis, cerise sur le gâteau: il n'est plus le mythique chasseur, mais bel et bien la proie au sein d'une planète particulièrement hostile.

Ce que j'ai apprécié dans ce nouveau long-métrage, c'est que nous avons enfin droit à un film estampillé Predator qui assume clairement son côté SF. On est dans de la série B friquée, avec des aspérités, des idées et concepts que les connaisseurs ont pu lire dans certains comic-books. Même s'il n'y a rien de révolutionnaire on laisse plus de place au lore des Yautjas qu’auparavant, par conséquent on sait comment une partie de leur clans guerriers fonctionnent.


De ce fait, le scénario est plutôt classique. Nous sommes sur du survival ultra efficace, pour ensuite basculer vers du buddy movie, certes improbable sur le papier mais qui fonctionne malgré tout.

Il y a un sacré contraste entre cette androïde bavarde et enjouée (Elle Fanning qui est formidable dedans), et ce Predator acariâtre qui n'a de cesse de dire qu'il est solitaire et aguerri (une manière pour lui de compenser le discours dénigrant assené par sa tribu à son endroit). Sans oublier qu'il y a un troisième personnage qui se greffe à eux, qui a déjà fait grincer des dents certains spectateurs. Pour ma part, j'étais sceptique au départ, puis finalement j'ai accepté sa présence puisqu'il s'inscrit dans la logique du récit.


A ce propos, on ne peut nier qu'il y a une certaine légèreté avec quelques notes d'humour, ce qui tranche avec les précédentes oeuvres (hormis celui réalisé par Shane Black), mais l'absurdité de certaines situations encourage cela. Cela ne m'a pas dérangé, étant donné que l'ambiance globale reste sérieuse et "adulte".


Visuellement, c'est considérablement réussi. Les effets spéciaux, hormis de rares effets moyens ou quelques abus dans leur utilisation, sont de très bonnes qualités. En terme de direction artistique c'est un régal: bestiaire, décors, design des vaisseaux, des armes, des costumes,... On en prend plein les mirettes.

De plus, cet opus est généreux en action, peut-être un peu trop d'ailleurs, en effet les péripéties s'enchainent comme jamais, il y a peu de temps morts. J'aurai peut-être apprécié des passages plus contemplatifs, que le langage visuel prenne davantage le pas sur les dialogues. Alors certes l’androïde Thia parle beaucoup, mais Dek notre anti-héros, est plutôt loquace pour un Predator esseulé.


Dans les défauts, j'ajouterai que l'histoire est prévisible et cède parfois à quelques grosses ficelles et facilités scénaristiques (deus ex machina, ellipses, personnages débiles ou incompétents).

Néanmoins, je ne compte pas bouder mon plaisir devant cet honnête divertissement, et malgré ces griefs, j'estime que c'est (par défaut) la meilleure suite du film de John McTiernan.

Jubileus
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le 10 nov. 2025

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