Dan Trachtenberg ose sortir d'une formule narrative qui colle à la saga depuis son premier opus, malgré les variantes qui y étaient apporté ça et là au fil des épisodes. Malheureusement c'est pour mieux tomber dans autre carcan formaté : celui du blockbuster américain post-MCU, usé jusqu'à la corde au milieu des années 2020. On aurait mérité mieux sur le plan narratif donc, tant au niveau de l'intrigue que de l'écriture des personnages (les thématiques sur le rejet et faire famille qui sont des poncifs déjà vu 100 fois dans ce genre de divertissement).
De plus, je ne suis personnellement pas fan d'avoir donner un langage articulé aux Yautja. Le fait que le Predator ai toujours une créature plutôt mutique, ne produisant que des cliquetis et des rugissements participait de son aura, lui donnant quelque chose de réellement "alien" au sens propre, contrastant avec le fait qu'on découvrait aussi son intelligence et sa culture. Ici, la présence d'un langage articulé rompt avec cet aspect, anthropomorphisant les Yautja et c'est dommage selon moi. On aurait pu prendre plus de risque en jouant avec un film quasi-muet centré autour du Predator mais cela correspond moins aux codes habituels d'écriture d'un personnage principal j'en convient.
Mais au delà de cet aspect, tout n'est pas à jeter, loin de là. Le film fait montre d'une belle diversité de créatures pour habiter son décor de planète extra-terrestre hostile, et les scènes d'actions proposées sont plutôt maîtrisées, surtout vers le climax où on trouve quelques idées vraiment funs et bienvenues.
Mention spéciale à l'armure et les armes 100% organiques de la fin qui sont une très belle idée. J'aurais aimé que cela devienne la marque du personnage!