Avec "Predator: Badlands", la saga semble enfin avoir compris qu’elle tournait en rond. Ici, pas de nostalgie lourdingue ni de clins d’œil forcés : le film préfère aller de l’avant, quitte à bousculer légèrement les habitudes. Pour une franchise souvent enfermée dans son propre mythe, c’est déjà une petite victoire.
Le premier atout du film, c’est le spectacle frontal, sec, parfois brutal, mais rarement brouillon. Les décors ouverts et minéraux donnent une vraie personnalité visuelle à l’ensemble et rappellent que le Predator est avant tout un chasseur évoluant dans des environnements hostiles. Chaque affrontement est lisible, tendu, surtout construit pour maintenir une pression constante. L’action n’est pas un déluge d’explosions : elle raconte quelque chose, même quand ça tranche net.
Mais Badlands ne se contente pas d’aligner les scènes musclées. Le film tente aussi de renouveler discrètement la formule, en déplaçant le regard et en jouant avec les codes de la saga. Sans révolutionner le concept, il propose une approche un peu plus réfléchie du mythe Predator, suffisamment pour éviter l’impression de simple copier-coller. On sent une vraie envie de redonner du sens à la traque, de rappeler que ce monstre obéit à des règles. Même si, rassurez-vous, il n’a pas pris de cours de philosophie entre deux massacres.
Tout n’est évidemment pas irréprochable. Certains personnages semblent toujours recrutés pour leur talent unique à prendre de mauvaises décisions et le scénario se permet quelques raccourcis bien pratiques. Mais ces faiblesses restent secondaires face à l’élan général du film, qui assume pleinement son rôle : relancer la machine sans la repeindre à la va-vite.
Au final, le film réussit là où beaucoup de reboots échouent : il respecte son héritage sans le momifier. C’est un film efficace, parfois malin, souvent brutal et suffisamment conscient de ses limites pour ne pas se prendre trop au sérieux. La preuve que le Predator peut encore surprendre, tant qu’on évite de le lâcher éternellement dans la même jungle.
Contaaaaaaaaaaaaaaaact....... ;)