Vous vous rappelez de ces hommes qui doivent porter des projets titanesques sur leurs épaules? Certains échouent à créer une franchise durable comme Zack Snyder chez DC, d'autres échouent à faire perdurer leur création comme papy Ridley avec ALIEN. Mais il y a aussi ceux qui réussissent tous ce qu'ils touchent comme James Cameron, dommage pour la franchise TERMINATOR.
Et c'est en visionnant ce PREDATOR BADLANDS que je me rends compte que Dan Trachtenberg est exactement le Yautja que les producteurs cherchaient depuis longtemps. Parce que hormis PREDATOR 2 qui se laisse regarder, toutes les suites d'après sentent le réchauffé peu inspiré. Même Shane Black qui fait partie du casting du premier PREDATOR n'a pas su relancer la franchise. Et c'est Dan Trachtenberg qui relève le défi en 2022 avec PREY.
La claque. PREY n'innove pas forcément dans sa narration mais il apporte clairement un vent de fraîcheur en alignant le chasseur et sa proie à la même hauteur que l'enjeu : survivre ! Une réalisation efficace, sobre et sans blabla. L'exposition se fait au fur et à mesure que l'action avance. L'immersion est là. PREY, une chance de débutant ? Dan Trachtenberg remet le couvercle (et une grosse claque) avec "Killer of Killers", la suite du PREDATOR en version animée. C'est bluffant. Toujours cette réalisation hyper élégante, droit au but. Trois histoires qui s'entremêlent avec la même finalité : Survivre. D'ailleurs je trouve que "Killer of Killers", dispo sur Disney+, est une oeuvre injustement négligée. Une vraie pépite. Dan Trachtenberg confirme son savoir faire pour l'univers PREDATOR en plus d'apporter une vraie vision. Il le confirme avec PREDATOR BADLANDS mais on sent que la production lui a mis quelques bâtonnets dans la roue.
PREDATOR BADLANDS est bon mais ce n'est pas une claque. Dan Trachtenberg maîtrise parfaitement sa mise en scène. En quelques plans il raconte une histoire fluide sans détour. Malheureusement le vers est dans la pomme : l'univers étendu. L'histoire du film commence comme un STAR WARS même si ça colle bien à l'univers de PREDATOR et finit comme un GARDIEN DE LA GALAXIE, là pour le coup, plus rien ne va.
Le Yautja gringalet est une piste solide pour développer la franchise. Parce que clairement ils n'auraient pas pu faire 10 films avec le même concept "Menhunt in the jungle". Les personnages sont bien écrits. La planète Genna est plutôt menaçante et apporte son lot de nouvelles créatures. L'action est omniprésente, on y adhère à cette nouvelle histoire mais arrivé aux deux tiers du film, on se rend compte que le saga PREDATOR prend un nouveau tournant. Le Yautja, le chasseur ultime, qui chasse toujours en solo, met de l'eau dans son vin. Il crée des liens, il cherche des alliés pour combattre un adversaire plus fort que lui. Et c'est sur ce point que les fans du film de McTiernan se sentiront trahi.
Un Yautja défaillant a aussi le droit au bonheur malgré les lois binaires de ses pairs. Une androide a le droit de ressentir des emotions même si ça dépasse sa programmation. Une créature intuable n'est pas destinée à être tuée. Tant de questions existentielles pour une franchise qui a bâti sa réputation sur la violence brute, c'est peut-être trop pour le millénial et le boomer qui kiffent cette franchise.
Disney a fait le choix d'humaniser le Predator. Il n'est pas moins intelligent, il est plus sensible. Ce PREDATOR BADLANDS n'est pas désagréable à regarder mais on a l'impression qu'il pourrait tout aussi bien intégrer l'univers de MARVEL. Le film néglige totalement ses racines : opposer le chasseur et ses proies dont l'unique enjeu est de survivre ! Je suis tout de même impatient de voir le chemin que va prendre cette saga par la suite.