Je crois que ce qui qualifierait le mieux le film, c'est inconséquent et inoffensif. Des restes de sauvagerie qui parcouraient encore Prey, Trachtenberg en a extrait un parcours initiatique Disneyien où la différence exclue, cherchant à tout prix à convenir aux traditions, se voit contrainte à accepter ses faiblesses et à les galvaniser pour en faire une force.
C'est parfois "drolasson", oui, ici, il faut infantiliser tous les adjectifs pour parvenir à relater la réalité d'un récit tout aussi convenu que sans âme. C'est mignonnet, Dek, notre Yautja sans peur mais remplis de reproches, voit son cheminement associé à un synthétique qui va exacerber son "humanisme" et une créature locale qui fera office d'ironie de situation, la proie faisant de son chasseur sa famille.
Tout se conjugue dans une forme d'immédiateté, ce qui veut être dit est montré, aucun enjeu direct ou indirect, moral ou philosophique ne parcourt le récit, rien n'excède le récit filmé, les intentions narrées, tout est fait très scolairement, chaque pay-inn recevra son pay-off attendu.
La violence est totalement déréalisée et l'expérience se fait plus vidéoludique que cinématographique, les axes de caméra, les mouvements tout semble ramener à un quelconque jeu narratif qui n'aurait pas su se débarrasser du médium cinéma. Les synthétiques se font détruire en pagaille, mais la portée émotionnelle est totalement absente, dans ce récit gentillet aux fx soignés. Un film terriblement oubliable.