L’intérêt premier d’un film d’horreur est simple : provoquer la peur, voire le malaise. Si, au cours de la projection, cette sensation ne se manifeste jamais, il y a de fortes chances que le film soit passé à côté de son objectif.
Primate, de Johannes Roberts, m’a littéralement glacé le sang pendant une heure. Certes, le film n’est pas exempt de défauts, mais le réalisateur accomplit l’essentiel : il fait peur. Et cela suffit déjà à le distinguer.
Inutile de s’attarder sur le scénario ; c’est le concept qui mérite l’attention. L’action se déroule à Hawaï, dans une maison ultramoderne perchée au bord d’une falaise, dotée d’une piscine somptueuse. Un groupe de post-adolescents y séjourne : des jeunes filles belles et courageuses, des garçons foncièrement stupides — archétypes assumés du genre. Aux alentours rôde un singe atteint de la rage, prêt à transformer ce décor de carte postale en cauchemar.
Primate s’impose clairement comme un slasher animalier, évoquant inévitablement Cujo. Johannes Roberts, déjà remarqué pour un film de requins particulièrement efficace, prouve une nouvelle fois qu’il maîtrise l’art de la mise en scène de la terreur. Chaque élément du décor est exploité, chaque espace devient une menace potentielle. Le film est brutal, sauvage, sans concession. Les morts sont atroces, la violence viscérale, presque douloureuse à regarder.
Le choix de ne pas recourir massivement aux effets numériques, mais de donner vie au singe grâce à des effets mécaniques, du latex et du maquillage, s’avère particulièrement judicieux. Cette approche confère au monstre une présence tangible, une authenticité troublante qui renforce l’angoisse.
Primate est ainsi une excellente surprise : une série B assumée, féroce et redoutablement efficace.