Primate n’est pas intrinsèquement un mauvais film. Le problème se situe ailleurs : en 2026, sa sortie en salles interroge, tant le film épouse scrupuleusement les codes esthétiques et narratifs des productions Netflix et autres plateformes de SVOD.
Le concept de départ aurait pu fonctionner, mais le traitement horrifique échoue presque systématiquement. La menace repose sur un chimpanzé d’1m10 opposé à cinq personnages à l’orée de l’âge adulte, ce qui annihile rapidement toute crédibilité dramatique. Le film tente de s’appuyer sur un dispositif de huis clos — des adolescents piégés — mais celui-ci ne parvient jamais à générer une tension durable.
Au-delà d’une incohérence scénaristique manifeste, Primate sauve néanmoins quelques éléments isolés : de rares fulgurances de mise en scène et un thème musical principal relativement efficace. Ainsi qu'un côté gore assumé et visible à l'écran. Des qualités trop éparses pour compenser une écriture paresseuse et un manque flagrant d’exigence formelle.
Le plus dérangeant reste sans doute la stratégie marketing, ouvertement calquée sur Paranormal Activity, une référence déjà datée en 2026. Cette approche opportuniste accentue le sentiment d’un produit formaté plutôt que d’une véritable proposition de cinéma.
Dans un contexte où de nombreux auteurs peinent à financer des projets ambitieux, voir un film aussi consensuel — et vraisemblablement rentable — accéder à une telle visibilité laisse un goût amer. Un rendez-vous manqué.