Primate
5
Primate

Film de Johannes Roberts (2026)

Voir le film

Assez ennuyeux dans son ensemble, conditionné par un canevas simpliste, vu tant de fois, le film ne parvient jamais à dépasser son postulat et, malgré une photographie un brin travaillée et des mises à mort qui se veulent graphiques, rien n'est vraiment impactant.

L'un des grands problèmes du film c'est de ne rien mettre en place, la résolution du danger horrifique n'amène aucune catharsis dans le parcours des protagonistes. On met en place un père absent, mais sans réel conflit derrière, la grande sœur, elle aussi absente, mais tout se résout en un sourire et une accolade, les autres protagonistes n’existant pas autrement, que pour être des victimes sacrificielles.

L'un des principes amusants qui auraient dû être plus poussés, c'est la façon qu'a le réalisateur de jouer avec un imaginaire classique du cinéma horrifique, l'emprisonnement en grand espace à la Open Walter, le slasher, le chimpanzé devenant une ombre menaçante dans le dos de sa future victime.

Malheureusement il n'en joue jamais, et tout ceci devient un enchaînement de gimmicks fatigants noyautant notre suspension d'incrédulité. Le chimpanzé jouant avec les clés de voiture pour la déverrouiller n'étant qu'un exemple parmi tant d'autres pour illustrer un sadisme perturbant devenant totalement incongru face à la situation réelle d'un animal atteint de la rage.

En plus, à trop jouer avec les classiques, le film perd de l'authenticité, de l'originalité et devient convenu. Comme rien ne se joue au cœur de cette famille, le spectateur ne peut se raccrocher à rien d'autre qu'aux références vulgairement accrocheuses, le hayon qui s'ouvre à la Scream, se cacher dans une penderie avec stores, la tête de Ben qui passe à travers une ouverture à la Shining et tant d'autres.

Évidemment il faudra accepter l'inconséquence de tous ces professionnels face à Ben mordu par un animal sauvage, tout ceci arrangeant bien un scénario qui s'emploie ardemment à ne jamais faire plus que ce qu'on lui demande. Les mises à mort, graphiques certes, mais réduites à leur strict minimum, des promesses non tenues, tant la majeure partie sera minimisée par des cuts rapides, une photo assombrie et des mouvements rapides de caméra.

Ce qui aurait dû être la grande scène est réduit à néant, car elle n'est pas contextualisée et précédée d'une mise en place qui l'aurait rendue sauvage et cathartique. La mort d'un des deux garçons sous les mains de Ben prenant les atours horribles d'un viol apparent, mais en l'état, on dirait le résultat de multiples réécritures et d'une séquence qui aurait dû prendre place dans un film qui n'est plus celui qui nous est montré, du coup, à nouveau, une perversion sous-jacente incompréhensible dans un métrage qui semble ne pas se comprendre. Un beau raté.


LionelBremond
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Films 2026

Créée

le 16 févr. 2026

Critique lue 8 fois

Lionel Bremond

Écrit par

Critique lue 8 fois

D'autres avis sur Primate

Primate

Primate

7

Behind_the_Mask

1484 critiques

♫ I'm sure they'd think again... If they had a friend like Ben ♪

Devant ce Primate, les plus capés des cinéphiles sur le site déterreront sans doute les souvenirs embrumés de Link ou encore de Cujo.Les plus jeunes ont souligné quant à eux le caractère de spin off...

le 23 janv. 2026

Primate

Primate

3

cadreum

1084 critiques

Il n'y a que la piscine qui a de la profondeur

Qui est le film ? Primate, réalisé par Johannes Roberts (artisan prolifique du cinéma de genre) poursuit ici sa logique de série B assumée. Le film à concept qui donne à voir un chimpanzé autrefois...

le 26 janv. 2026

Primate

Primate

7

DirtyVal

1158 critiques

L’éveil de la bête sous le vernis de la civilisation.

​Je suis ressorti de la séance de Primate hier soir avec un sentiment de tension encore palpable. Pour tout amateur de cinéma de genre, cette œuvre s’impose comme une proposition formelle...

le 24 janv. 2026

Du même critique

Les Intrus - Chapitre 3

Les Intrus - Chapitre 3

1

LionelBremond

38 critiques

Critique de Les Intrus - Chapitre 3 par Lionel Bremond

Voilà une trilogie qui se finit dans la déchéance artistique la plus complète. Renny Harlin après avoir "sussoté" les vagues idées recyclées depuis 30 ans des films de ce genre, s'essaie, dans ce...

le 3 mai 2026

13 jours, 13 nuits

13 jours, 13 nuits

2

LionelBremond

38 critiques

Critique de 13 jours, 13 nuits par Lionel Bremond

Film catastrophique qui ne parvient à rendre compte de rien, l'aspect politique est totalement passé sous silence, et la tension de l'exfiltration en raison d'une mise en scène totalement dénuée de...

le 14 janv. 2026

Aporia

Aporia

3

LionelBremond

38 critiques

C'était mieux avant

Il est de ces films ou l'on se sent obligé de consulter plusieurs fois toutes ses listes pour être sur de ne pas les avoir déjà vu tant, chacune de leur secondes semble emprunter. On part sur un...

le 5 janv. 2024