Assez ennuyeux dans son ensemble, conditionné par un canevas simpliste, vu tant de fois, le film ne parvient jamais à dépasser son postulat et, malgré une photographie un brin travaillée et des mises à mort qui se veulent graphiques, rien n'est vraiment impactant.
L'un des grands problèmes du film c'est de ne rien mettre en place, la résolution du danger horrifique n'amène aucune catharsis dans le parcours des protagonistes. On met en place un père absent, mais sans réel conflit derrière, la grande sœur, elle aussi absente, mais tout se résout en un sourire et une accolade, les autres protagonistes n’existant pas autrement, que pour être des victimes sacrificielles.
L'un des principes amusants qui auraient dû être plus poussés, c'est la façon qu'a le réalisateur de jouer avec un imaginaire classique du cinéma horrifique, l'emprisonnement en grand espace à la Open Walter, le slasher, le chimpanzé devenant une ombre menaçante dans le dos de sa future victime.
Malheureusement il n'en joue jamais, et tout ceci devient un enchaînement de gimmicks fatigants noyautant notre suspension d'incrédulité. Le chimpanzé jouant avec les clés de voiture pour la déverrouiller n'étant qu'un exemple parmi tant d'autres pour illustrer un sadisme perturbant devenant totalement incongru face à la situation réelle d'un animal atteint de la rage.
En plus, à trop jouer avec les classiques, le film perd de l'authenticité, de l'originalité et devient convenu. Comme rien ne se joue au cœur de cette famille, le spectateur ne peut se raccrocher à rien d'autre qu'aux références vulgairement accrocheuses, le hayon qui s'ouvre à la Scream, se cacher dans une penderie avec stores, la tête de Ben qui passe à travers une ouverture à la Shining et tant d'autres.
Évidemment il faudra accepter l'inconséquence de tous ces professionnels face à Ben mordu par un animal sauvage, tout ceci arrangeant bien un scénario qui s'emploie ardemment à ne jamais faire plus que ce qu'on lui demande. Les mises à mort, graphiques certes, mais réduites à leur strict minimum, des promesses non tenues, tant la majeure partie sera minimisée par des cuts rapides, une photo assombrie et des mouvements rapides de caméra.
Ce qui aurait dû être la grande scène est réduit à néant, car elle n'est pas contextualisée et précédée d'une mise en place qui l'aurait rendue sauvage et cathartique. La mort d'un des deux garçons sous les mains de Ben prenant les atours horribles d'un viol apparent, mais en l'état, on dirait le résultat de multiples réécritures et d'une séquence qui aurait dû prendre place dans un film qui n'est plus celui qui nous est montré, du coup, à nouveau, une perversion sous-jacente incompréhensible dans un métrage qui semble ne pas se comprendre. Un beau raté.