Dès les premières minutes, Primate annonce la couleur. Le chimpanzé, visiblement peu crédible, peine à convaincre, et le jeu d’acteur rappelle davantage celui d’un téléfilm d’après-midi que d’une production cinématographique ambitieuse. Très vite, les incohérences s’accumulent, les morts s’enchaînent sans réelle utilité narrative, et l’ensemble donne une impression de superficialité difficile à ignorer.
Pourtant, le concept de départ aurait pu offrir une base intéressante. Explorer la montée progressive de la rage chez l’animal, développer un véritable suspense et proposer une évolution psychologique crédible — de la docilité vers la folie — aurait pu donner une tension dramatique solide. Au lieu de cela, le film choisit la facilité : trois jeunes femmes dans une villa, une mère ayant adopté un singe, et l’on apprend presque immédiatement que l’animal a été mordu par une mangouste et est atteint de la rage — davantage proche d’un virus zombie que d’une maladie réaliste. Le scénario semble alors expédié, comme s’il suffisait de ce prétexte pour enchaîner les scènes violentes.
Certaines situations frisent l’absurde. Deux jeunes entrent dans la maison et se comportent comme si de rien n’était, fouillant les lieux sans la moindre prudence ni tension dramatique. Plus loin, une scène dans un escalier (sans révéler d’éléments clés) illustre parfaitement le manque de cohérence émotionnelle : un personnage découvre un corps sans manifester la moindre réaction crédible, se contentant de fuir sans véritable choc apparent. Ce type de traitement nuit fortement à l’immersion.
Au final, Primate donne l’impression d’un film bâclé, reposant essentiellement sur un homme en costume de singe peu convaincant courant après des personnages stéréotypés. L’ensemble manque cruellement de réalisme, de tension et de profondeur.
Un film que l’on peut voir par curiosité, mais dont l’absence dans votre liste ne vous fera rien manquer.