Voilà un film qui sort dans un anonymat le plus total (malgré la présence d'Adèle) mais qui ne manque pourtant pas de qualités. Pour son premier film, Marianne Tardieu fait preuve d'une belle maitrise autant dans la mise en scène que sur le scénario. Elle capte bien l'air du temps de la banlieue, de façon peut être plus simple et plus réaliste que Céline Sciamma et sa Bande de filles. Son Chérif fait aussi tout pour se sortir de la cité, pour s'en sortir tout court, à l'instar de Marieme, mais lui dans le droit chemin (ou presque). Une histoire difficile pour un sujet édifiant et un beau suspens. Reda Kateb incarne ce vigile, aspirant infirmier, avec talent et conviction. On s'attache d'emblée au personnage. Un autre très beau rôle après Hippocrate. On retrouve donc Adèle Exarchopoulos. Beaucoup plus discrète que dans La vie d'Adèle mais on est content de la retrouver, même pour un petit rôle. Avec aussi Rashid Debbouze, frère de... (La désintégration). Qui vive est un très beau film, fort, prenant, marquant, qui malheureusement risque de ne pas trouver le public qu'il mérite. Et une réalisatrice à suivre avec attention.