Running Man
6.3
Running Man

Film de Edgar Wright (2025)

Faussement cool et badass (...) Pénible à regarder par tant de longueurs.

Dans un futur proche, un jeu de survie impitoyable appelé "The Running Man" est l’émission télévisée qui cartonne. Le concept, des candidats doivent survivre pendant 30 jours face à des tueurs professionnels, avec à la clé, une forte somme d’argent. Ça tombe bien, Ben Richards, un ouvrier désespéré en a grand besoin pour soigner sa fille malade…


Le film est adapté du roman éponyme de Stephen King, qui connut une première adaptation par Paul Michael Glaser avec Arnold Schwarzenegger en 1987. D’ailleurs, ce dernier fut accusé de plagiat du film d’Yves Boisset (Le Prix du danger - 1983) et condamné après 11 ans de procès. Bref, c’est ainsi que, près de 40 ans plus tard, on se retrouve avec un remake que l’on n’attend pas, sachant que « l’original » n’était pas une franche réussite.


Cette nouvelle adaptation déçoit sur plusieurs points, à commencer par son scénario qui, certes, s’avère plus fidèle au roman que ne l’était la version de 1987, l’ennui, c’est que le film se complait à brasser du vent là où la précédente adaptation allait droit au but (un peu plus de 90min au compteur). Ici, le film dépasse allègrement les 2h et pour meubler, le réalisateur ne se refuse rien et part dans tous les sens (on aurait clairement préféré s’en passer).


Au lieu de dénoncer (de façon intelligente) l’ultraviolence transformée en spectacle de grande écoute ou la façon dont les États-Unis sont devenus une puissance à la solde d’un network dictatorial, Edgar Wright (Last Night in Soho - 2021) nous offre une pauvre retranscription d’un monde dystopique auquel on ne croit pas et dans lequel Glen Powell (Twisters - 2024) cabotine avec ses gros sabots et où sa palette d’acteur se limite à deux expressions faciales (il serre les dents pour montrer qu’il est en colère et fronce les sourcils pour montrer qu’il peut être méchant), c’est rapidement lourd et indigeste, d’autant plus qu’il nous rejoue la même partition déjà vue dans Hit Man (2024) de Richard Linklater, où il passait le plus clair de son temps à se grimer en différents personnages.


Côté mise en scène, le film alterne maladroitement le film d’action badass et la comédie familiale

(la séquence parfaitement inutile où Glen Powell se retrouve à poil sur la façade d’un immeuble ou pire, la séquence dans la maison victorienne avec la grand-mère sénile et les pièges façon Maman, j'ai raté l'avion ! - 1990).

Tout ça n’apporte strictement rien au film, si ce n’est de l'alourdir alors qu’au contraire, il aurait été judicieux de le raccourcir tellement on s'ennuie du début à la fin.


Running Man (2025) se veut faussement cool et badass, sauf que le scénario est turbo-teubé et surtout, bien trop long pour ce que ça raconte.

Enfin, pour l’anecdote parfaitement inutile, mon côté chauvin s’en retrouve caressé dans le sens du poil, avec dans le dernier tiers, l’Alpine A290 (un ersatz de la R5 électrique).


⦿ http://bit.ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter.com/B_Renger ⦿


L’original :

Le Jeu des millions (1970) ★☆☆☆

Les remakes :

Le Prix du danger (1983) ★★★☆

Running Man (2025) ★☆☆☆

Le plagiat :

Running Man (1987) ★★☆☆


RENGER
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il y a 5 jours

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