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Cours, Glen ! Cours !
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le 12 nov. 2025
Quand j'ai vu le score médiocre du film, je me suis dit que le cinéma courait vraiment à sa perte. Ben oui, on m'a vendu ce film comme un film d'action (je ne l'avais pas encore vu) et je vois que le public ne se rue pas pour aller le voir, alors qu'habituellement c'est ce genre de film qui attire les foules. Si même les blockbusters n'attirent plus les gens, alors que faut il produire ?
Maintenant j'ai vu le film. Bon première chose, je sais pas si c'était notable dans la bande annonce, mais le film est de gauche, on attaque l'individualisme de la droite, et en cette période où la droite triomphe un peu partout mondialement, jusque dans le petit plat pays de la Belgique avec le mariole Bouchez en ultra président, ben forcément ça peut couper l'envie. Ensuite y a le bouche à oreille : les gens répandent l'idée que c'est un film de gauche et que en plus, EN PLUS, et ce n'est pas négligeables, c'est un film d'action avec assez peu d'action.
Et oui un film "Running man" avec une mise en place aussi longue et bavarde (sans que ça soit super drôle ni super intéressant, ça aurait pu présenter correctement l'univers mais même pas, on continuera d'être surpris - ou pas - de ce futur inventé mais creux tout au long du film). Et pendant le film, les scènes d'action sont rares, pas très fun, vite expédiée. J'avais lu que le film était un film somme sur tous les acquis du réal, mais... non. C'est vraiment plat. On ne retrouve pas l'énergie ni la précision des précédents films, même Baby Drive était plus fun que celui-ci, pourtant c'était déjà du bas de gamme.
Non mais il faut vous dire que c'est un film "Running Man" avec un type qui court peu (et qui en plus critique un autre joueur qui ne court pas en disant 'ça s'appelle running man, t'es censé courir', je sais pas si c'était une blague méta volontaire ou si l'auteur ne s'est pas rendu compte de son ânerie ?) et dont le climax se déroule... dans un avion ! Putain, un film running man où le type est censé être poursuivi par des tueurs et mêmes des gens normaux prêts à le dénoncer voir à le tuer eux-mêmes pour toucher du fric... et ça se déroule dans un avion privé avec des sortes de militaires tueurs. C'est juste n'importe quoi.
Y a des idées pas très bien exploitées aussi. Par exemple, le vieux pote qui en veut au runner de s'être pointé chez lui car ça pourrait attirer les ennemis. Par contre le type ne s'inquiète jamais du fait que sa femme va morfler. Et j'ai même envie de dire que ça aurait fait un film plus intéressant que ça. Si à la moitié du film on nous apprend qu'elle a été abattue… bon j'étais plus très concentré sur le film mais je crois que c'était du fake (d'ailleurs on la revoit à la fin)… mais tout ça pour dire qu'il y avait là une thématique et un potentiel conflictuel important mentionné (donc mis en place) et pas du tout exploité correctement (pourtant on aborde la manipulation, on fait passer le personnage pour un sale type… mais à quoi ça sert si au final ça ne change rien le comportement des gens à son égard ou si peu - il se fait renvoyer d'une maison un peu plus tard).
Autre point nébuleux... la caractérisation du personnage. Là encore, une bonne idée de départ ; en faire un colérique caractériel qui pète un plomb à la moindre contrariété et qui ne supporte le monde individualiste dans lequel il vit... il va jusqu'à casser une vitre après avoir fait une file. On s'attend à ce qu'après cette longue mise en place il soit du genre à bastonner ses adversaires, genre à casser le nez du producteur quand il le fait chier, ça aurait été tellement marrant et fort. Mais non, il revient tout rouge, il crie, mais au final, il ne fait rien. Et sur la fin, il oublie même de s'énerver par moment.
C'est marrant, aujourd'hui, y a justement un électricien venu faire la conformité électrique de ma maison. Bon, je ne saurai jamais s'il a exagéré ses histoires ou pas, mais s'il y a une chose qui revenait souvent dans tout ce qu'il m'a raconté (et diantre ce qu'il m'en a raconté des histoires, ce type est sympa, mais un vrai moulin à paroles), c'est qu'il se met vite en colère. Genre, un contrôleur n'aimait pas son travail parce qu'il manquait 2 cm pour que ce soit 'moins dangereux, pour un luminaire au plafond... la discussion l'a tellement énervé, qu'il a donné un coup de poing dans le plafonnier, créeant un gros trou, puis il a mis n'importe comment le luminaire au niveau du trou, demandant si comme ça c'était bon. Le contrôleur a dit ouioui et est vite parti, la cliente était dégoûtée mais l'électricien lui a promis de revenir pour tout refaire à ses frais (il est revenu le lendemain pour ça). Une autre fois, alors qu'il donnait cours dans une école, un élève n'arrêtait pas de l'insulter, il l'a mis en garde qu'au troisième avertissement il allait s'en prendre une, ben le gosse a été jusque là... l'électricien l'a soulevé, l'a accroché à un porte manteau et la baffé une fois. La directrice l'a sommé de le remettre à terre, il l'a fait, le gosse l'a reinsulté, il lui en a collé une autre. Depuis il ne peut plus enseigner à des mineurs... mais un jour une collègue l'appelle car ce même élève l'insulte, le type a dit qu'il allait venir, le gosse l'a pas cru, pas de chance pour lui, l'électricien devait justement récupérer un papier à l'école, donc il est venu, et le gosse s'est caché aux toilettes... après ça, il aurait arrêté de faire chier ses profs. Et d'autres anecdotes de la sorte.
Alors je dis pas tout ça pour dire que c'est cool de taper les élèves bien sûr, ni que la colère est une bonne chose. Et comme je l'ai déjà mentionné, je ne suis même pas sûr qu'il dise la vérité. Il n'empêche que, au travers de ses récits, il ressort un personnage habité par la colère dont la caractérisation est nettement mieux exploitée que dans ce film d'action. J'ai ressenti sa colère, j'ai ri des situations. C'est ce qu'on fait en écriture quand on travail sur la caractérisation d'un personnage, on doit trouver un moyen de le mettre dans une situation où sa caractérisation rendra la scène différente de si c'était un autre personnage avec une autre caractérisation. Et je trouve ça fou que mon électricien m'ait davantage diverti que ce film. Bon, après, la facture que je recevrai demain sera différente de celle pour voir le film... mais quand même.
Trêve de digression. La mise en scène n'est pas tellement mieux. Les CGI sont globalement sympa et l'on appréciera l'utilisation d'effets pratiques dès que possible. Mais le visuel n'est pas super-super. On sent la volonté d'un truc futuriste, mais on n'en a pas assez ; c'est peut-être la faute à un budget trop faible, le réalisateur n'a en tous cas pas su tirer parti de cette contrainte et ne parvient pas à vraiment créer un univers cohérent, vivant. Quelques trucs sympas, oui, mais pas assez. Le découpage est correct, mais ça manque parfois de lisibilité et le cadrage n'est pas toujours ce qu'il y a de plus dynamique. Y a quand même des séquences qui se déroulent bien, où des plans plus ambitieux passent naturellement, un peu comme dans un Spielberg, mais bon, une des spécificités de Edgar Wright, c'est justement son découpage très 'chorégraphié' et délirant qui le distingue de tant d'autres réalisateurs, alors le voir proposer quelque chose de plus conforme, ben ça fait un pue le même effet que lorsque Guy Ritchie a arrêté de faire son Guy Ritchie en proposant une mise en scène plus classique... on en a des tas qui font déjà du cinéma comme ça, alors pourquoi rejoindre les rangs. Le jour où Wes Anderson fera de même, y aura vraiment de quoi pleurer. Et je dis pas qu'il faut nécessairement couvrir de louanges les auteurs réalisateurs avec une patte, mais je n'aime pas Scot Pilgrim par exemple, mais je trouve ça bien que ce film existe, avec ce style, même si je n'y adhère pas.
Niveau acteurs, ça passe, mais j'ai connu Glen plus efficace. Même s'il va à fond dans le délire du personnage en colère, il a vraiment une bonne tête quand il boude... mais ça ne va pas trop pourtant. Peut-être Wright qui ne parvient pas à mettre en valeur sa grimace ? Ou bien Glen est-il trop beau ? Je sais pas... dans Hot Fuzz, on ressentait quand même bien la frustration du flic quand il apprend qu'il est muté, avec un montage super court et efficace, sa tronche est bien mise en valeur (pourtant un plan éloigné si je me souviens bien de la séquence dans le train, mais mon souvenir vague idéalise peut-être la scène?).
Bref, c'est un film franchement dispensable. Mou, chiant, pas fun, paresseux, hors sujet carrément parce que bon, on ne retrouve pas vraiment le principe du running man correctement exploité et la caractérisation ne sert à rien... au final, de tous ces films basés sur des 'jeux dangereux' sortis cette année (j'en compte trois mais y en a sûrement eu d'autres que je ne connais pas ; les tourmentés, marche ou crève et running man), c'est le film de Belvaux, plus intelligent, qui m'a le plus diverti et même touché, même si la fin trop lumineuse gâche un peu le film.
Créée
le 29 déc. 2025
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