L’histoire de la quête identitaire d’un jeune écrivain interrogeant (sous le haut patronage de Bret Easton Ellis, convoqué à l’envi) le lien entre vie et littérature, entre soi et écriture, est le prétexte à un film parsemé de stéréotypes sur ces questions, parfois assénés doctement.
Et les quelques bribes qui nous sont données à lire du roman qu’essaye d’écrire Max sont aussi clichées que les images ; ce n’est pas un effet du dispositif mais le signe que l’essentiel du propos consiste à enfiler toutes les perles possibles sur la littérature, l’art, la vie gay et les liens entre eux – je m’attendais à voir apparaitre un Saint-Sébastien lors de la visite de Max au musée de Bruxelles, mais je me suis avisé que le titre contenait à lui seul le motif...
C'est que pullulent les clins d’œil lourdingues aux références obligées (pour prendre un seul exemple dans quatre domaines différents : Les Nuits fauves, À nos amours, Egon Schiele, Samson et Dalila…) sans que cela donne une réelle consistance aux interrogations existentielles du personnage principal, même si l’on entrevoit bien comment pouvaient être traitées plus subtilement la question de la plongée dans le sexe comme quête de sentiment (sous couvert de constituer une matière littéraire ) ou celle du rapport d’une communauté à cette addiction et à quelques autres.
Ce film à la rhétorique creuse, qui aligne complaisamment les scènes de sexe et de boite les plus rebattues, sans oublier d’assigner à la mère le rôle de refuge du héros dans ses moments de doute ou de désespoir, réussit le tour de force de ranger le queer du côté du conventionnel le plus convenu !
Restent le joli minois et le beau corps de Max-Sébastien mis en valeur dans ses œuvres d’escort ou dans ses contemplations devant son miroir, dans une assez bonne interprétation de Ruaridh Mollica, qui semble être le seul acteur à avoir bénéficié d’une direction (les autres paraissant avoir été laissés à leur appréciation personnelle de ce qu’ils avaient à faire). Cela a suffi à ne pas me faire quitter la salle et à ne pas détester le film. Mais pas à l’aimer…