5
2380 critiques
Danse explosive !
Sur le plan de la mise en scène — visuelle et sonore —, c'est difficile de ne pas s'incliner devant autant de virtuosité esthétique. Il suffit de voir les séquences d'introduction lors de la...
le 11 sept. 2025
Une fois l'expérience Sirāt digérée, j'avoue ne pas vraiment m'expliquer comment un film aussi singulier, baroque, lent, immersif, et porté sur un symbolisme de premier plan ait pu susciter un engouement aussi généralisé dans tous mes cercles proches, et plus généralement au niveau de critiques institutionnelles. Avec un exercice de style aussi particulier, reposant sur de très nombreux aspects anti-conventionnels du point de vue de la mise en scène, en marge du cinéma classique de la même façon que le milieu des ravers est peuplé de marginaux, j'aurais pensé que le clivage serait infiniment plus prononcé.
Mais peu importe. C'est le genre de film qui assomme, à tous les niveaux, dans tous les registres. On plonge dans les décors montagneux du sud du Maroc et on s'enfonce progressivement dans les profondeurs d'un désert impitoyable. Le fait que le personnage de Sergi López (seul acteur pro il me semble) recherche sa fille constitue au final un argument mineur, presque un prétexte : l'essentiel portera sur un voyage, avec son fils, en compagnie de deux vans de teufeurs, avec une composante spirituelle / métaphorique / suggestive plus ou moins pesante. De mon côté, j'ai trouvé que les différentes ambiances s'équilibrent très bien, entre le pragmatisme de la traversée du désert et la quête existentielle prenant de très nombreuses formes — en toile de fond, une Troisième Guerre mondiale se profile, on voit des militaires actifs, etc.
J'ai aussi beaucoup apprécié comment Óliver Laxe a intégré ses références, sans savoir si tout ça est volontaire / conscient ou non. On pense à de très nombreux coins de cinéma, de Mad Max à Sorcerer (ou "Le Salaire de la peur") en passant par Freaks et Gerry, et je trouve ces influences particulièrement bien assimilées, produisant un cocktail assez neuf. Du point de vue scénaristique, on peut relever pas mal de points qui coincent à cause de faiblesses d'écriture, qui auraient d'ailleurs pu être très facilement évitées (d'autant plus qu'il y a une sorte de fuite en avant à ce sujet dans la dernière partie, marquée par un jusqu'au-boutisme à double tranchant). Mais rien d'insurmontable en matière de visionnage, pour peu qu'on soit envoûté par au moins l'une des dimensions du film, la vibration techno, la quête du père, le voyage périlleux, le parfum de fin du monde, le train des rescapés — la liste est pas loin d'être infinie. Dans l'arrière-plan se joue aussi un basculement, tour à tour rendu de manière pragmatique ou sensorielle, parfois rugueux, parfois bancal, sur le thème du lâcher prise, de la finitude, et de la cruauté de l'existence. Et c'est un film qui ne ressemble à rien (que j'aie vu récemment du moins), chose assez exceptionnelle dans le domaine de la fiction : les sensations qui en résultent valent de l'or.
https://www.je-mattarde.com/index.php?post/Sirat-de-Oliver-Laxe-2025
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Mon cinéma espagnol, 30 derniers (très) bons films vus, Cinéphilie obsessionnelle — 2025 et Top films 2025
Créée
le 19 janv. 2026
Critique lue 93 fois
5
2380 critiques
Sur le plan de la mise en scène — visuelle et sonore —, c'est difficile de ne pas s'incliner devant autant de virtuosité esthétique. Il suffit de voir les séquences d'introduction lors de la...
le 11 sept. 2025
5
2565 critiques
Sirat c'est quand même beaucoup de bruit pour rien (au sens propre, comme au figuré). Je ne comprends pas les retours dithyrambiques sur ce film qui n'est qu'une version saharienne du Salaire de la...
le 28 sept. 2025
9
1682 critiques
Je n'ai qu'une envie, être au 10 septembre et retourner voir "Sirāt" dans une salle qui envoie du lourd au niveau du son, qui me permettra une meilleure immersion à ce niveau que celle connue dans la...
le 26 juil. 2025
5
2174 critiques
Ceci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...
le 20 juil. 2014
5
2174 critiques
"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...
le 10 janv. 2015
9
2174 critiques
Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...
le 8 mars 2014
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème