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le 13 août 2026
SuivrePar-delà les mondes !
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Je me suis rarement senti autant abandonné au beau milieu d'un film.
La première heure est d'une grâce absolue : des moments de vie en EHPAD, filmés avec un franc réalisme, touchant et révoltant à la fois. On a des scènes de haute volée, notamment celle de l'homme qui en met plein la gueule à son père souffrant d'Alzheimer quand on lui demande de parler de lui. Les patients comme les soignants sont filmés avec une grande humanité, ni complaisante, ni exagérée. Et ce premier acte se conclut en apothéose, par un geste aussi radical que surprenant, nous filmer intégralement la pièce de théâtre à laquelle assiste la protagoniste - et de très belle manière.
Et Soudain, le fracas. Arrive une deuxième heure indigeste, où tout le charme naturel du climat instauré est brisé. Une rencontre, une amitié naissante, faite de dialogues interminables et didactiques autour du capitalisme et du milieu médical, qui ne seraient jamais sorties de la bouche de qui que ce soit dans un tel contexte. Le problème n'est pas le fond, la partie sur le côté cannibale du capitalisme est très juste ; le problème c'est la forme. Les dialogues ne sont pourvus d'aucun naturel, les personnages et leurs émotions sont relégués au second plan et Hamaguchi nous sort un livre audio d'une heure pour pouvoir poser les bases de ce qu'il montre dans la troisième heure. Le coeur du film, l'amitié entre deux êtres qui avaient besoin l'un de l'autre à ce moment-là, n'est jamais sublimée voire se retrouve ensevelie sous le didactisme.
Et la troisième heure en question, qui se veut être une sorte de synthèse des problèmes et solutions exposés pendant le film, n'est vraiment pas bonne non plus. Si on revient dans un cadre où le cinéma s'exprime davantage, on perd toute la puissance d'immersion de la première heure au profit de situations ubuesques visant à sublimer le besoin d'humanité et d'art pour accompagner les malades. Tout est mièvre, les situations mises en scène grotesques, on se retrouve avec une sorte de Je verrai toujours vos visages avec davantage de brio dans la mise en scène (c'est pas un compliement). L'intention optimiste mais surtout candide du scénario se heurte à la réalité, et on se retrouve avec un film séparé en deux, comme si Spielberg s'était emparé du script, faisant passer l'oeuvre d'un réalisme poignant à un idéalisme niais et absurde.
C'est franchement dommage que le film prenne cette tournure quasi-développement personnel, parce que quand Hamaguchi colle au réel, il le fait à merveille. Mais le décalage de ton vers cette candeur m'a complètement sorti de l'oeuvre. Ça reste un beau projet, avec une certaine fluidité dans les longues séquences qui rend le verbiage moins pesant, mais la deuxième partie m'a vraiment profondément déplu.
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il y a 16 heures
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