Parfois on souhaiterait que les lumières de la salle ne se rallument pas trop rapidement...

Les Saisons Hanabi 2026 s'étaient ouvertes sur une très belle note avec le nouveau film de Ryôta Nakano ("La Famille Asada"), "Mon grand frère et moi", elles se sont refermées sur une grande gifle inattendue signée Akiko Ōku, une cinéaste décidément très intéressante puisqu'elle avait réalisé il y a quelques années le déroutant "Tempura". Et ce "Sous le ciel de Kyoto" l'est tout autant, avec son affiche et sa première partie qui nous promettent une classique quoiqu'un brin décalée romance estudiantine. Mais ce classicisme va dérailler sans qu'on n'ait rien vu venir, une scène centrale, d'ailleurs assez dingue et déchirante en elle-même, va soudain révéler ses coutures et faire basculer le récit dans un versant mélodramatique assumé et dévastateur. Si beaucoup de petits détails, comme un restaurant et son restaurateur insolites, avaient pu toucher le spectateur, rien ne le préparait à ce qui allait suivre, jusqu'à la toute fin, générique inclus. Une semaine après je pense encore à cet homme mal en point au milieu de la salle, transi d'émotion sur son fauteuil quand les lumières se sont rallumées...


Ce film est donc brillant dans la construction de son scénario, dans la manière dont il dépeint et fait évoluer ses personnages, il le fait à l'aide d'une mise en scène volontiers malicieuse, mais une autre chose m'a marqué : le cinéma japonais, comme souvent ce qui est insulaire, a la particularité d'être très replié sur lui-même, de par sa production mais aussi de par ses sujets rarement ouverts sur la marche du monde. D'où ma surprise en voyant soudain débouler ici Gaza, quelques très courts instants posés à côté de la trame narrative mais qui disent certainement beaucoup de la profondeur d'Akiko Ōku.

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le 10 févr. 2026

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takeshi29

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