C'était déjà pas jojo à l'époque de sa diffusion ciné (souvenir d'un mauvais choix honteux en famille) mais le temps n'a rien arrangé à l'affaire. La construction du film est aux fraises, avec une voix off qui a besoin de tout expliquer, quitte même à utiliser de flashbacks d'événements déjà vus il y a 10 minutes, sans pour autant rendre compréhensible le plan inutilement tortueux des méchants de l'enfer.
Le pauvre Michael Jay White tente de se donner une contenance (pas facile avec sa tête de bite de tortue en Spawn) tandis qu'en face il y a une démission généralisée, que ce soit Martin Sheen en evil bad boss générique ou un John Leguizamo douloureusement mémorable en machine à mauvaises punchlines hystérique (oui mais c'est "Violatooooooor !").
Et tout ce petit monde de se donner un air de badass ténébreux sur fond de fin des temps alors que l'apex des tensions narratives est la prise en otage du petit chienchien de Spawn ! La réalisation ne sauve pas grand chose, sauf pour les amateurs de transitions de plan ringards (dans la cape enflammée, dans une croix, etc.). Mais le gros morceau reste les CGI, pourtant argument marketing à la sortie du film (et ILM aux manettes) : c'est le festival de l'horreur médicale, de la coloscopie technoïde d'intro aux élans de blennorragies en enfer. Le summum est atteint avec Malebolgia, au design aussi catastrophique que son exécution 3D. On dirait tout bonnement du Jeff Leroy à plusieurs reprises... ce qui pourrait apparaitre comme un compliment, en fait.