Monstrueusement palpitant ! Après « The Visit », M. Night Shyamalan confirme une résurrection jouissive. Il démontre la bonne conservation et exploitation de ses meilleurs œuvres. Sa mise en scène est toujours travaillée pour donner une atmosphère étouffant et angoissant par frénésie.
Hormis l’intrigue qui occupe la charnière centrale du rythme, tout repose sur un travail d’ambiance. Les jeux de lumière, les codes couleurs, les reflets comme il le connait si bien sont au rendez-vous. La mise en scène est alors théâtrale, ne perdant pas de temps à introduire le premier contact entre les victimes et « les bêtes ».


On soulignera alors la prestation fulgurante de James McAvoy dans « les rôles » troublés d’un patient atteint de schizophrénie prononcée. La métamorphose s’avère esthétique, tant dans le physique des personnages qu’il incarne que dans la mentalité. Tout est un ensemble maîtrisé, sans être surjoué, et avec un bonus de gestuel qu’on l’on admire aisément. Et ce phénomène renferme des subtilités très profondes, en présence de foi et de volonté.


Dans le cas de Casey Cooke, incarnée par Anya Taylor-Joy et récemment vue dans « The Witch », elle partage bien sa place aux côtés d’un McAvoy inspiré. Bien que ce ne soit étrangement trop explicite par moment, les flashbacks à son égard auront raison du développement de l’intrigue poignante et fracassante.


Par ailleurs, d’autres qualités sont à découvrir notamment ce changement soudain de de code personnel, afin de camoufler une surprise à la hauteur qu’un dénouement engagé. C’est dans ce dernier acte que l’épouvante peur alors prendre une valeur plus concrète. Et sans sombrer dans un gore gratuit, Shyamalan opte pour la tension ultime, résultant de tout ce qu’il a pu contextualiser de manière concrète et spirituelle. Le final tend à la réflexion, et ceux qui auront constaté ces plans serrés qui nous enferment avec les victimes pourront développer la meilleure des analyses.


En résumé, Shyamalan abdique de ses erreurs passées pour nous offrir une œuvre sensorielle de haut vol. Et il ne retient pas non plus son envie de voire plus grand, suite au twist final qui annonce une ouverture plus que séduisante pour ceux qui tiendront la référence.

Cinememories
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de M. Night Shyamalan, Les meilleurs films de 2017 et Les meilleurs films des années 2010

Créée

le 9 juin 2017

Critique lue 210 fois

Cinememories

Écrit par

Critique lue 210 fois

D'autres avis sur Split

Split

Split

5

Shania_Wolf

137 critiques

Fin de course ?

On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...

le 19 févr. 2017

Split

Split

7

Behind_the_Mask

1495 critiques

The number of the beast

Après un The Visit bancal mais éminemment sympathique et malsain, c'est avec ce Split que l'ami M. Night Shyamalan signe son véritable retour. Un retour aux sources de ses thématiques, de ses...

le 22 févr. 2017

Split

Split

9

fyrosand

25 critiques

La renaissance du phénix

Force est de constater que Shyamalan a connu 2 périodes bien distinctes : l'avant et l'après The Village, bien que certains diront que sa période s'est terminée avant ou après ce long métrage . The...

le 23 févr. 2017

Du même critique

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

8

Cinememories

1653 critiques

Ce qu’on donne, ce qu’on reçoit, ce qu’on transmet

"L’argent et l’amour font certainement partie des piliers fondamentaux dans les relations familiales thaïlandaises. Pat Boonnitipat prend un malin plaisir à disserter sur sa culture dans son premier...

le 14 avr. 2025

Buzz l'Éclair

Buzz l'Éclair

3

Cinememories

1653 critiques

Vers l’ennui et pas plus loin

Un ranger de l’espace montre le bout de ses ailes et ce n’est pourtant pas un jouet. Ce sera d’ailleurs le premier message en ouverture, comme pour éviter toute confusion chez le spectateur,...

le 19 juin 2022

Ouistreham

Ouistreham

6

Cinememories

1653 critiques

Nomadland à quai

Il était très surprenant de découvrir Emmanuel Carrère à l’affiche d’un nouveau long et à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, sachant la division du public sur « La Moustache » et malgré...

le 18 janv. 2022