Ce biopic de la rock star Born in USA est dans la veine de celui sur Bob Dylan: raconter un moment de sa vie, de sa carrière. Bizarrement, le processus créatif y est inversé : Dylan passait de la folk au rock avec « band », Springsteen passe du rock de la tournée The river à la folk en solo. La raison: une profonde déprime suite à son récent succès fulgurant! On retiendra surtout la relation de la star avec son manager, totalement humain (Jeremy Strong, comme toujours impeccable), en revanche on est moins convaincu par sa romance avec un personnage archétypal du cinéma américain : la mère célibataire élevant seule sa fille et travaillant dans un diner. Enfin, l’un des ressorts du film, c’est le traumatisme de son enfance avec un père dépendant à l’alcool et violent. La bonne idée est d’y raccrocher une projection en salle du chef d’œuvre de Charles Laughton mais pourquoi alors ne pas avoir utilisé l’esthétique expressionniste pour les flash-back en noir et blanc. Au final, on reste sur sa faim et aurait presque espéré que ce biopic se prolonge pour enfin entendre des chansons du « boss ».